11 avril 2007

Et ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants...

En fait, je me sens un peu comme une âme perdue ici-bas. C’est pas que je sois un gars paumé ou quoi, c’est juste comme un truc que je ressens comme ça. Dans la vie du dehors, je m’en tire pas trop mal c’est pas le problème. Le truc, c’est la vie… C’est sûr personne n'a de recettes miracles.

Le problème, c’est que plus je comprend ce que je suis, plus je m’éloigne de la société. Je deviens socialement inadapté ou quelque chose dans le genre à force de me différencier et de chercher ma voie. Vraiment, je sais pas et je veux pas danser le grand ballet qu'on nous propose.

Je peux prendre des tas d’exemples. Mais je vais en prendre un... Le mariage. Et je parle uniquement de ma propre vision, je prétend pas détenir la vérité vraie, je parle de comment je conçois les choses et je suis pas en train de dénigrer les couples mariés. Le truc, c’est que je regarde autour de moi et franchement, je suis pas envieux des couples et dans mon entourage, il y en a peu à qui l'amour semble survivre.

Non mais ôtez-moi d'un doute, il n'y a qu’au cinéma que l’amour dure toujours? Mon avis sur la question, c’est que le quotidien d’un couple tue l’amour aussi sûrement que le temps ne peut être arrêté. Alors le sentiment n'est plus ce qui détermine le couple. Mais après des années, on s’habitue à l’autre, on a nos repères, on a des enfants, un passé ensemble, on a des amis communs, bref on est relié à l'autre par une quantité de liens. Ce que je veux dire c'est que tout le monde ne divorce pas mais que la grande majorité le ferait à la moindre étincelle de passion qui naîtrait pour un ou une autre, comme un amant qui surgirait pour sublimer sa part de femme qu'elle avait depuis longtemps oublié.

Pour moi le mariage et la conception Walt Disney de l’amour ça mène carrément à l’impasse. J’ai pas envie de reproduire les schémas de mes parents, de leurs parents avant eux et des innombrables générations qui nous ont précédé. Pourtant, je me suis toujours vu avec une histoire d'amour qui finit dans la tombe. Comme beaucoup d'entre nous je pense. Mais est-ce encore possible aujourd'hui? N'est-ce pas une utopie de plus? Le monde a changé. Maintenant les relations sont plus libres, les gens peuvent divorcer, la séduction est partout, la concurrence aussi, et les hommes et les femmes se sentent libres d’aimer à tout âge et sans entraves. Comment dès lors garder le coeur de sa dulcinée?

En fait, c’est pas que je sois contre le mariage en lui-même mais plutôt contre la vie de couple telle qu’elle nous est inculquée. Je ne vois pas comment on peut aimer une personne inconditionnellement, à vie, juste en disant: ben salut c'est moi! Y a que ma mère qui fait ça pour moi. Je crois pas que ma femme sera cette sainte.

Pour moi, si on doit vraiment vivre à deux, se marier et avoir des enfants, on peut le faire, mais différemment! On est libre d'inventer la vie qui nous va le mieux.

L'arche de Noé, version Crusoé

Ok Dada,

P’tet bien que c’est toi qui as raison,

Et qu’au final toutes mes putains de belles solutions,

Ça sert rien qu’à masquer mes peurs.

P’tet bien tu sais, que j’ai pas vraiment confiance en moi, quand on va trop de ce côté là,

Et p’tet bien, pas assez confiance en moi, pour aimer juste comme ça.

 

Je pense que c’est toi qui a encore raison, probable qu’Hollywood nous a fait oublié l’essentiel,

Tellement c’est clair que je suis pas seul, pas seul à vouloir éviter de me vautrer dans ce gros bordel.

Ok dada, c’est comme tu dis, faut peut être simplement rencontrer la bonne et puis voilà,

Ok dada, mais on a tellement l'habitude d'être sur nos gardes avec tous ces leurres qui courent ici-bas.

Et j’sais bien que tout ce que je pourrais imaginer,

Ca remplacera jamais de l’avoir elle là, juste devant moi, pour en parler un peu comme ça.

Pasque c’est clair,  t’as raison dada, l’amour c’est ça la base, et ça s’achète pas.

 

Mais au pire dada, si c’est la bonne, si c’est la bonne ça généra pas,

Mes solutions et puis voilà !

T’en fais pas trop pour moi,

J’me dis que je saurais la faire rêver, que je connais tout plein de mots pour ça,

Et puis sinon, de toute façon, je me dis que ça marchera pas.

Tu sais on a beau dire,

Que ça sert à rien d’intellectualiser tout ça,

Moi dada tu me connais et puis voilà,

Alors ça ou autre chose, c’est pareil.

Et à tout prendre, c’est même plus essentiel.

Parce que je critique pas l’amour dada,

Et je vais te dire j'ai pas de réponse à ça,

Je critique le système tandem,

Et le système bof moi tu sais comme ça.

 

Et puis toi, tu le sais comme moi,

C’est pas des poètes qui l’ont fait cette petite chose là,

Et je me sens pas d’écouter sagement les ancêtres assis sans rien dire sur le côté là.

Juste l’envie de romancer un peu comme ça,

De lui donner une fleur qui ne pousse qu’une fois,

Ma fleur, que personne d’autre lui donnera,

 

On a beau être un diamant dada,

On a beau être un diamant,

On perd de notre éclat quand l’écrin n’est pas là,

C’est vrai, on perd de notre éclat entre de mauvais bras.

Et dada c’est que ça que j’essaie de faire,

Juste avant de prendre la mer,

Genre l'arche de Noé,

Un peu version Crusoé,

Un bateau,  pour nous éviter le naufrage à ma belle et à moi...

Il était une fois ?

Lors des nombreuses discussions que j’ai pu avoir sur le thème du couple, une même façon de penser est ressortie à plusieurs reprises. Une chose, bizarrement, qui ne m’était jamais venue à l’esprit.

Aux Etats-Unis, ils en sont presque à trois mariages par vie. En Ile-de-France, un mariage sur deux se finit en divorce. En province, un sur trois. Devant cette hécatombe des chiffres, de nombreuses personnes semblent adhérées à l’idée que notre génération ne passera pas toute sa vie avec la même personne.

On peut considèrer cette vision comme la plus réaliste et, pour moi, c’est clairement une façon envisageable de concevoir le couple contemporain : prendre les bons moments quand ils sont là et puis, quand on sent que c’est finit, que ça fait plus de mal que de bien, on s’en va.

J’adhère à cette idée parce qu’elle est on ne peut plus sincère et censée et qu’elle s’affranchit du raisonnement de la peur. J’adhère à cette idée, mais ayant certainement trop lu les contes de fée, je ne peux m’empêcher de rêver… Dans le même temps, je pense que cela n’est pas incompatible avec un certain sens du concret. D'autant qu'à mes yeux, un rêve naît dans le ciel et sur la terre et que les deux sont aussi nécessaires.

 

J’ai quatre grands rêves à accomplir dans ma vie.

Cela fait neuf ans que je me bats pour réaliser le premier et vivre de voyages et de Sud. Ce rêve est celui que je porte, et qui me porte, depuis que j’ai eu dix-huit ans. Il est sur le point de se réaliser aujourd’hui et j’en suis fier. Je dis merci, sans trop savoir à qui. Le deuxième, c’était peut être le premier même, c’est celui que je suis en train de faire ici. Il y a toujours eu une femme dans le rêve des hommes. Le troisième, c’est le rêve qui achève tous les autres rêves. C’est l’origine du rêve métaphysique des Hommes, c’est en quelque sorte le rêve de mes vieux jours : celui d’aller vers la mort en paix comme un vieux papi content d’être passé là. Le dernier de mes songes est certainement le plus personnel de tous. Celui qui s’entremêle le plus à tous les autres. C'est celui du Gavroche qui me tape sur le ventre quand je ne l’écoute pas. C’est le rêve de celui qui veut sortir par des milliers de mots, celui qui veut dire les poèmes et les idées, écrire et puis rêver.

 

Les alternatives que je vous expose ici sont parfois loin d’être la facilité, mais c’est un rêve éveillé que je fais pour mon couple. Puisse t'il vous inspirer.  Je veux juste tenter d’éviter les faux contes de fée que ce système fabrique en masse. Est-ce trop vouloir ? Je ne le pense pas. Et au final, je crois que toi et moi, même si on l’exprime différemment, nous avons exactement les mêmes aspirations car nous aimerions tous les deux que notre conte de fée ne s’arrête jamais.

Dis, c’est quoi l’amour ? ...

Il est parfois étrange de se retourner en arrière… J’ai longtemps cru que la seule réponse possible a apporter à l’amour était de maintenir ardente la passion. Je croyais qu’il fallait être des amants pour s’aimer. Tout comme Alexandre du Jardin, Jacques Brel et d'autres, je voulais faire vivre cette passion et j’avais l’impression que ce serait seulement à ce prix que je pourrais aimer... Et être aimé.

Cette façon de penser, je la devais à mes lectures d’enfance et, ma première véritable histoire d’amour, qui fut une histoire de passion, me conforta dans cette idée.

 

J’avais dix-neuf ans. Je vivais comme un gosse mal nourri. Elle en avait dix-huit et elle aussi avait sa fièvre à partager. Elle était la jeune traductrice du voyage que ma classe accomplissait vers l’Allemagne. Quand j'y repense, je ne sais pas vraiment comment tout ça est arrivé... Je n'étais pas franchement très bavard. Ou juste à peine, si on m'aidait. Je ne devais pas tellement donner l’image du séducteur non plus. Et il y avait cette bande de connards qui essayaient de l’approcher. Comme ce mec là tout droit sorti d’un magazine de mode, avec qui je ne pouvais même pas espérer rivaliser. Non, je ne sais pas très bien comment tout ça est arrivé mais, c’est sur moi que son regard s’est porté. Et je l'aimais bien son regard. Tout comme c’est aussi avec moi, qu’elle s’allongea une nuit dans les herbes hautes d’un petit bourg allemand dont j’ai oublié le nom.

Elle fut la première femme à qui je fis l’amour.

C’est étrange comme certaines rencontres peuvent être si empreintes de magie. On s’est à peine aperçu quelques instants entre deux trains à l’échelle d’une vie et pourtant, à travers toutes les autres femmes qui sont venus après, toutes, ce n’est qu’elle seule que j’ai cherché. Dans tous ces visages de femmes que j’ai tenu entre mes mains, ce n’est que le sien que j’essayais de retrouver.

Nous avons vécu le feu et le sang ensemble, parce que nous-mêmes, nous étions le feu et le sang. Et c’est à elle aussi à qui je dois le genre de nanas que j’ai longtemps cherché : les filles à problèmes comme je disais…

Il me paraissait tellement que pour aimer il fallait saigner, hurler, boire et se consumer. Et de toute façon, je me disais que toute la vie c’était comme ça, qu’il n'y avait pas d’autres choix. Il fallait se battre en brûlant sur le bûcher ou se laisser crever.

 

Et puis un jour, il y a un peu plus d’un an, tout a changé. C’est par la magie que l’histoire avait commencé et c’est par la magie que l’histoire devait se terminer. La vie m’a porté là et là et je t’ai revu après toutes ces années… J’ai à nouveau embrassé ta peau, tu as laissé ton corps chalouper sous mes assauts, je me suis laissé abreuver par tes mots et puis soudain, j’ai compris...

J’ai compris comme foudroyé que je n'avais plus besoin de souffrir pour aimer. J’ai compris que tout le monde donnait à l’amour le sens qu’il lui voulait et que je n’aurais jamais de bonheur dans ce que je cherchais

Je t’aime. Je t’ai tellement aimé. On a été séparés par des océans sans fin l’un de l’autre durant toutes ces années, mais la nuit sur mes rivages, tu n’as jamais cessé une seule seconde d’être la seule à mes côtés. Je t’aime et à jamais tu resteras blotti au creux de moi comme cette ange qui s'est posée sur mon coeur un soir de pluie.

Alors à quoi bon les regrets si je te le dis comme une promesse, avec le même sourire que celui de tous les enfants que tu pourras croiser : ma tempête est passée!... Ce n’est plus toi que je chercherais désormais. J'aspire juste au bonheur de la paix, à celui qu’on peut donner et que j’espère tu sauras trouver.

Nota bene

Tout ceci n’est que mon rêve. Toute ressemblance avec des personnages réels est purement fortuite et ne saurait engager la responsabilité de l'auteur.

 

Je dois aussi dire que tout ce que j’évoque ici n’est pas en mesure de remplacer des sentiments vivants. Mais je crois qu’il peut arriver que les Hommes aient à subir les imperfections d’un système, même en amour. Je ne prétend pas ici apporter de réponse à ce que sont les Hommes mais plutôt à quelque chose qu'ils ne sont pas. Et c’est simplement parce que je crois que ce système est au moins mauvais, qu’il ne ressemble pas aux hommes et aux femmes, à vous et à moi, que je cherche a créer mon propre système tandem. Ce n’est qu’un système, taillé sur mesure sans pour autant être égoïste car si je l’ai imaginé, c’est pour elle et pour moi. Paradoxalement, vous l’aurez compris, je veux juste nous faciliter la vie… 

 

Je tiens aussi à préciser que parler d’amour sans le partager au quotidien est un exercice assez périlleux auquel je me livre malgré tout ici sans retenue. Et je voudrais également ajouter que ces solutions n’ont pas la prétention d’être universelles. Elles me correspondent à moi, à ce que je suis aujourd’hui et elles sont pour beaucoup théoriques étant donné ma faible (et c’est un euphémisme) expérience de la vie à deux. Par conséquent, elles ne sont pas figées dans la pierre et je veux au contraire pouvoir les transformer. J’attends donc avec impatience les personnes qui sauront me faire évoluer sur ce sujet. Pour l’instant c’est mes idées et mes convictions, je ne les prétends pas parfaites mais elles ont au moins le mérite d’exister.

 

Je dois aussi dire que j’ai longtemps hésité avant de les exposer. D’abord parce que l’exercice de style argumentatif n’est pas très aisé, il se base sur de nombreuses valeurs personnelles. Et puis j’avais choisi de lui réserver à elle, ma belle, pour un soir où j’aurais pu l’emmener rêver. Mais j’ai été converti par l’impérieux désir philosophique de confronter mes idées, de les partager et de les mettre en danger pour sculpter encore ma pensée et la faire évoluer.

 

Et puis…

Non juste pour dire que toi qui lis ça, tu es peut être la femme de ma vie. Alors si c’est toi, je tiens à dire que ce serait bien que tu sois d’accord avec moi. Ou encore mieux, que t’es plein d'idées nouvelles à apporter… Je t’embrasse, bien sûr !

On partage?

S’il ne devait y en avoir qu’une, ce serait celle-là ! Certains aiment à dogmatiser sur des livres sacrés, pour moi, il n’y a pas un dogme plus important que celui-là dans la vie que l’on partage avec un autre. C’est la charpente de mon navire, le postulat sur lequel je vais tout raser et reconstruire. Et toutes les autres énumérations ne sont que de pâles figurantes à côté de celle-là. Elle est la raison du tout, ce qui motive l’ensemble, sans oublier, l’évidence même.

 

Oui, parce que je me dis qu’à l’origine, si les hommes et les femmes ont le désir de vivre ensemble, c’est pour trouver un autre qui les aime pour ce qu’ils sont, pour partager des petits bouts d'eux. Je me dis, que ça ne sert pas à grand chose autrement. Je veux dire, dans cette relation-là, surtout dans cette relation-là, on n’est pas là pour se cacher nos vérités une fois de plus.

Je ne me sens absolument pas, volontairement ou par omission, de mentir continuellement à la femme qui vit à mes côtés. Je ne me sens pas, de jouer avec elle le rôle principal d’une pièce tragi-comique. Pour elle, pour moi, je ne veux pas de ça. Et j’ai l’impression que cette mise en garde spéciale n’est pas de trop et que cela arrive trop souvent au sein des couples.

Les secrets d’accord, mais pas trop. Et encore moins les mensonges. Je veux partager des choses vraies, qu’elles soient énervantes, parfois violentes, ou dure à accepter, mais des choses vraies. Les choses vraies sont souvent belles, pas les faux-semblants. Et puis dehors, c’en est déjà assez bourré comme ça.

 

A mes yeux, et bien loin du nombre de personnes qui nous entourent ou nous approuvent, être seul, c’est ne pas être compris, ne pas pouvoir se partager. On a coutume de dire que l’incompréhension incarne le mieux la plus longue distance entre deux êtres et je crois que c’est absolument vrai.

Comme c’est aussi vrai que l’Homme n'est ni un prince charmant, ni une belle au bois dormant et qu'appréhender l'Homme, appréhender sa complexité, c'est par là même ouvrir les portes à un vrai partage de l'intimité, bien au-delà des clichés made in conte de fée. 

 

Evidemment cette réponse pourrait apparaître d’une consternante banalité, si le principe était régulièrement appliqué. Mais on doit pourtant admettre que les hommes et les femmes ont bien du mal à communiquer et à se comprendre mutuellement. Je suis même à peu près sûr que l’on pourrait passer des années à dormir dans le lit d’une femme et découvrir en fin de compte qu’on la connaît très peu.

Le dialogue n’est pas une évidence pour tout le monde, à tous moments et en tous lieux. On lui préfère souvent les langages codés. Et puis il y a des choses qui sont extrêmement difficiles à se dire à soi-même, alors de là à les dire aux autres, à son autre, il y a un pas que de nombreuses personnes ne sauraient franchir.

Non, cette solution ne s’achète pas. Il faut aimer parler, éventuellement savoir faire parler et bien sûr savoir écouter. 

La recette est simple mais le plat a souvent un arrière-goût foireux. Parce que malheureusement on ne touche pas ici à un simple acte de notre volonté ou même simplement à des propensions de nos personnalités; et si pour ma part je me sens tout à fait capable de parler et que j’aime profondément ça, je crains que les contraintes quotidiennes d’un couple puissent gravement inhiber cette faculté.

On ne peut exiger le partage, il naît du moment et de l’envie.

C’est pourquoi en somme, toutes les alternatives que je propose sont implicitement liées à celle-là, la seule et la vrai; car elles sont destinées à créer les conditions nécessaires à l’épanouissement de chacun et à un vrai partage de l’intimité. Et j’ai beau retourner le problème dans tous les sens, je ne vois pas de meilleures façon d'aimer, d’autant plus si ce doit être pour l’éternité, que de parvenir à créer une relation privilégiée, rare, qui ne ressemble pas à notre société. Une relation où et l’un et l’autre pourrait s’exprimer avec la quintessence de son humanité.

Les cités d'or

Très con au début, je pensais qu’il pouvait être envisageable de vivre dans des appartements séparés. Mais je me suis rapidement retrouvé confronté au problème de ces petites créatures en couches-culottes qui voudraient taper l’incrust. La raison est venue mais, je reste quand même convaincu que tout le monde a besoin d’une certaine intimité et qu’on ne peut la partager à chaque instant.

A l’inverse, on nous apprend qu’un homme et une femme doivent vivre dans la même chambre et dans le même lit. Je n’adhère pas à cette idée. Cela me paraît même grotesque à vrai dire. J’aime mes amis, mais je sais que s’ils vivaient dans les mêmes vingt mètres carrés que moi depuis plus de dix ans, je les détesterai sûrement à l’heure qu’il est. J’aime mes frères comme des âmes soeurs et je peux dire aussi que j’aime quand ils ne sont pas là. J’aime passer mes nuits dans le lit d’une femme mais durant une tempête, je trouve désagréable et même malsain, de dormir à ses côtés si l’orage n’est pas passé.

On est tous des humains qui avons besoin d’une certaine intimité et ce n’est pas humain, que d’enfermer deux êtres dans une pièce à perpétuité, alors qu’ils n’ont commis que le crime de vouloir s'aimer. Ce que je propose donc, c’est d’avoir chacun son espace à soi, sous le même toit.

 

Et puis aussi, loin de moi l’idée de vouloir faire l'enfant capricieux, enfin je crois, mais je dois dire que j’y vois un autre intérêt:  celui d’avoir un espace qui nous ressemble.

Après tout ne dit-on pas que c’est important pour les enfants d’avoir leur propre espace. Qu’est-ce qui change quand on grandit ? Rien ? Et comme les gamins, je veux mon propre espace. Avec mes petites statues. Le sabre japonais que j'aurais accroché sur le mur. Mes vêtements balancés par terre si j'en ai envie. Peut être un jour, un bonzaï quand j’aurais appris à l’arroser. La table basse que j’aurais choisi rien que moi. Ce bidule tout pourri qu’il n’y a que moi pour aimer, à cet endroit précis, et surtout pas quelques centimètres plus loin sinon ça va tout gâcher. Etc. Bref, je veux un espace qui me ressemble et je veux que ma femme l’ait aussi. Parce que j’aurais du plaisir à la regarder et à la découvrir à travers son décor. Parce que, sans nul doutes, j'aurais du plaisir à la rejoindre dans SA caverne aux mille merveilles.

Le code couleur

Le point de départ : ce visage d’autrui qui me fait face écrivait Morin. Ce visage qui me fait face et que je ne peux posséder. On ne le possède pas? Vraiment? On en a l’impression pourtant parfois. Et dès fois, c’est bon quand c’est comme ça…

Je fiche mon billet que vous l'aurez certainement remarqué, il y a une tendance quasi-animale chez les hommes à prendre sans hésitations quelque chose qui ne leur appartient pas : le corps de la femme.

Dans les premiers temps d’une rencontre, cela pose bien sur rarement un problème. Ca aussi tout le monde l’aura sûrement remarqué… Mais je crois qu’à la longue, il peut parfois être difficile pour une femme de dire non aux désirs de son homme. Et, plus généralement, les désirs et leurs fréquences ne sont pas les mêmes d'une personne à l'autre et selon les périodes. Bien que pour simplifier, moi j’en ai envie tout le temps… Néanmoins, outre mon cas pas très particulier, la question de l’espace intime devient donc là aussi déterminante.

Le code couleur est en fait un langage primaire. Concrètement, il se manifeste à l’entrée de chacun des deux espaces intimes. De la même façon que l’on trouve des pancartes « do not disturbe » sur les portes de chambres d’hôtels, on trouverait ici une couleur apposée au choix.

La couleur rouge pourrait vouloir  dire «  viens, j’ai vraiment envie de toi ce soir ».

Un code vert traduirait un état de neutralité à connotation positive. C’est le code par défaut.

La couleur noire pourrait signifier  « tu n’es pas autorisé à venir ». 

Il serait erroné de penser que le langage du code couleur se situe uniquement au niveau de la sexualité même s’il en est un des fers de lances.

Ce code en apparence anodin peut s’avérer un instrument de communication puissant à mes yeux. Car, en postulant qu’il n’est pas toujours aisé d’exprimer certaines choses et pour celui qui les entend de les comprendre, le code couleur pourrait permettre de déceler bien des tensions.

En médecine, on dit que plus vous dépister un problème tôt, plus cela accroît vos chances de guérir la maladie vite et bien. Je pense que l'on peut largement faire l’analogie avec les problèmes du couple. Et tout comme le test de dépistage d’une maladie que l’on hésiterait à faire par crainte de connaître la vérité, je peux comprendre que ce langage primaire puisse faire peur à certains. Mais ou l'on fait le choix de la politique de l'autruche en cherchant à fuir la réalité, auquel cas l'on peut s’attendre à un atterrissage brutal à un moment donné. Ou l’on accepte de voir les problèmes de son couple en face, quand ils sont là et le plus tôt possible, en ayant plus de chance et d’envie de les résoudre.

 

Sur le long terme, on aurait aussi tort d’envisager ce langage comme une façon de constater tristement la diminution du désir physique – et je pense que cela n’est déjà pas une fatalité intrinsèque au couple. Il n’est fondamentalement que l’expression d’un ressenti intime qui ne peut être véritablement blâmé. Et si le désir physique doit diminuer, il diminuera avec ou sans le code couleur. Et même mieux, il diminuera bien sûr d’autant plus sans le code couleur puisque celui-ci replace le sexe sur le terrain d'une envie partagée.

Le code couleur est avant tout là pour permettre à la femme de se réapproprier son corps et d’affranchir au maximum sa sexualité de la sacro-sainte notion de devoir conjugal. Comme beaucoup d’hommes, je pense que j’aurais du mal à trouver une femme qui ait autant de pulsions sexuelles que moi. Et si j’ai envie de ma femme, de ses fesses, de sa tendresse ou de ses mots, cela ne peut que vouloir dire que je dois avoir les attentions nécessaires pour lui donner envie d’être rejointe dans son lit.

 


L'amour ne suffit pas

LA FACILITE ?

Le quotidien alias l’épouvantail-à-magie. Wanted ! Mort ou vif … Ca c’est le truc vicieux dont tout le monde se méfie !

Et pourtant… J’ai rencontré un vieux bonhomme une fois qui semblait dire qu’il ne fallait pas en avoir peur… Je comprend ce qu’il disait. Parce que je ressens intimement que l’on peut être bien plus heureux dans un quotidien de retraité pépère que dans des milliers de voyages au bout du monde. Et j’aspirerais même un jour à cet état. 

La chose est que prenant en compte mes caractéristiques du moment pour parler du couple, je ne peux m’empêcher de soulever quelques problèmes qui pourraient s‘avérer délicats…

En premier lieu, je le confesse, j’ai une flemme prononcée pour les tâches trop terriennes. Elles comprennent : la vaisselle, le ménage, sortir les poubelles, et même, pourtant un art que j’admire, faire la cuisine…

Je dois dire pour ma défense que j’ai été élevé dans une paresse entretenue même si ça ne m’empêche pas de plaider coupable aujourd’hui. Rajouté à ça, je ne suis pas fondamentalement bordélique mais par période et selon les lieux, je peux l’être pourtant beaucoup… Dois-je aller me pendre? La terre ne risque t’elle pas d'être dépeuplée à ce compte ?  Alors que faire quand on est un démon du logis ?

D’abord on dit changer ! Oui oui il faut changer tout le monde le reconnaîtra ! Vous avez déjà essayé de changer un Homme une fois? Ce n’est pas si facile vous savez et en général le changement vient… de soi !

Et puis je n’essaie clairement pas d'apporter des solutions dans le sens de l’effort permanent mais plutôt dans celui de l’envie. Je pense que vivre dans l’effort pour des choses qui n’éveillent rien en nous est difficilement tenable sur la durée. J’ai toujours été un cancre à l’école jusqu’à ce que je trouve une motivation céleste pour travailler.

Je ne pense pas que la vaisselle saura jamais vraiment me motiver et que donc, je traînerais toujours des pieds très lourds pour la faire, qu’elle s’accumulera souvent et que ma femme en sera régulièrement affectée. Et c'est ici que le bât blessera. 

Pour moi, c’est un danger bien réel tant il est vrai que les petites choses peuvent nous ronger parfois. Quand on se rencontre on se promet de s’aimer pour l’éternité, mais c’est un peu comme si on avait oublié de dire qu’entre temps, il y avait des tonnes de linges à repasser. Et c’est très souvent une frustration importante dans les couples. Généralement pour les femmes. Et d’autant plus que les hommes sont de moins en moins bricoleurs pour compenser.

Elle, que l'on jure d'aimer, comment accepter de la mettre dans la situation de la Conchita de service? N'est-ce pas déjà en soi la précipiter dans les bras d’un autre qui saura la faire rêver avec des choses plus belles que celles-là?

Je sais reconnaître le territoire ennemi quand il est là. Et il y est ! Je sais que je ne suis pas doué pour toutes ces choses-là alors je veux emmener ma femme sur mon terrain à moi. Pas sur celui-là où je sens déjà que je vais perdre toutes mes forces et elle, les siennes. 

J’avoue que sur ce coup là, j’ai plus fait preuve d’un bas matérialisme que d’imagination à proprement parler... Je ne m'en excuse pas. Parce que dans le même temps, c’est les grandes idées qui me motivent pour pouvoir rendre cela possible et disons le mot dans sa vérité la plus crue : gagner de l’argent, du blé, du flouz, du pognon, de la thune, etc.

« Ma solution » si on peut dire, c’est de faire en sorte de devenir assez riche pour pouvoir engager des tierces personnes qui viendront s’occuper de ça. That's it!

 

CHANGEMENT DE CAP

A la réflexion, j’ai quand même deux trois choses à ajouter sur le sujet…

En fait, j’étais là à réfléchir au quotidien… Quand j’ai vu celui où j’étais empêtré il n’y a pas si longtemps. Et je me suis dit très naïvement: « ah là franchement t’as l’air con avec tes solutions de dans 10 ans »… Et voui là c’est vrai, j’avais l’air con…

D’où cette nouvelle réflexion ! Le conflit est nécessaire. C’est une conviction que j’ai depuis longtemps à en juger par les nombreuses confrontations que j’ai cherché dans ma vie. Le conflit est nécessaire je me disais, tout en ne sachant pas vraiment pourquoi. Aujourd’hui est un grand jour, je pense enfin le savoir.

Le conflit est nécessaire parce qu’outre l’utopie d’un monde parfait ; en face d’êtres qui ne sont pas nous, il va souvent représenter l’expression de son désaccord et à ce titre, par la nature même de l’expression, il est le seul qui permette de déboucher sur des solutions. Eviter le conflit, c’est éviter de dire. Accumuler jusqu’à l’irrémédiable et surtout, c’est ne se laisser aucune chance de trouver les solutions que l’on pourrait trouver grâce à lui.

Je veux en parler à travers un exemple. Ma vie familiale lors des quelques mois passés à Narbonne l’an dernier.

Mon petit frère Béranger et moi, nous étions pour ainsi dire en guerre. J’aime mon frère mais là n’est pas la question. A cause de problèmes on ne peut plus terre à terre, le sens du rangement par exemple, le conflit a éclaté.  Le contexte y était aussi favorable. Et je pense qu’il a son importance.

Nous venions de déménager suite à la séparation de mes parents et la nouvelle maison ne possédait pas l’espace de l’ancienne. Nous étions souvent dans la même pièce. Et pour moi, il était important de passer la soirée dans une pièce rangée. Pour lui ça l’était moins. Et par ailleurs nous n’avions pas exactement les mêmes perceptions du rangement.

De là, en a découlé un cercle vicieux où ni l’un ni l’autre, n’avions envie de faire le moindre geste d’amabilité, ni la moindre concession. Voire exactement l’inverse. Tout pour énerver l’autre. Bref c’était la guerre ! Je lui ai même lâché une fois: « franchement si tu avais été ma femme, là j’aurais divorcé »…

 

Dans un premier temps face à ce conflit , j’ai pensé à partir en Inde ou en Espagne. Je ne supportais plus d’être ici. D’autant plus que les relations étaient aussi tendues avec ma mère.

Je voulais partir. De la même façon que, si ces événements se seraient passés avec ma future hypothétique femme, j’aurais sûrement pensé a partir. Je voulais partir avant de me rendre compte que la fuite, dusse t’elle être un beau voyage, était une chose que j’aurais toutes les chances de payer un jour ou l’autre au vu de mon incapacité à répondre au conflit qui se présentait à moi.

Aussi ais-je tenu à rester. Je me disais que finalement, je pourrais peut-être trouver les réponses que je cherchais dans un terrain aussi fertile en problèmes que celui là…

Et effectivement, c’est ce qui s’est produit dès lors que j’ai fait converger mon esprit, non pas pour critiquer ces conflits mais pour y apporter des solutions. La première leçon que j’en tire est sûrement la plus importante. Le conflit ne doit pas être évité et les Hommes doivent avoir la sagesse de trouver des issues appropriées.

Ma mère a toujours été une mère poule prête à se sacrifier pour ses enfants. Elle ne m’a jamais éduqué dans le partage des tâches. Elle les a toujours fait à ma place. Mais au fur et à mesure que je devenais un homme, je ne savais toujours pas prendre mes responsabilités dans ce quotidien ménager. Et ma mère, si ordinairement elle ne disait rien, explosait de temps en temps telle un volcan pour des raisons qui n’avait plus rien à voir avec ce qu’elle nous reprochait vraiment. Ma mère évite les conflits. Mais elle ne peut éviter son ressenti.

Le conflit qui se déroula entre mon petit frère et moi fut d’une toute autre nature parce que contrairement à ma mère, je n’évitais pas le conflit. Je manifestais mon exaspération et ma colère. Et face à ça, le dénouement s’imposait comme une fuite, une cassure ou la recherche rapide d’une solution.

Même s'ils furent éprouvants, je ne pense pas être resté ces quelques mois pour rien. Et aujourd’hui, je pense savoir comment éviter, sans pour autant les rendre agréables, que les choses du quotidien deviennent des boulets gros comme une maison.

Partout où je regarde autour de moi, la répartition des tâches est un problème prépondérant au sein des couples. Et les femmes en sont souvent les premières victimes. Les maris les victimes collatérales. Trop souvent, elles sont éduquées dans la notion du sacrifice. Et je suis intimement frappé de voir comment les femmes associent cette notion au foyer. Mais on ne dit pas assez que les hommes payent aussi très cher cette propension des femmes.  

Il faut donc répondre à ça, à la tendance pathologique des femmes à se sacrifier dans le rôle de la Conchita, à celle des hommes pour les laisser faire. Et à toutes les frustrations que cela engendre pour elle et pour lui.

 

EXPERIENCES DE COLLOCS 

Lorsque je vivais en collocation lors de ma première année a l’Istom, j’avais annoncé la couleur a mes collocs et néanmoins amis. J’avais dit clairement à Alex : «  moi, si tu viens pas me dire ce qu’il y a faire, je le ferais pas naturellement. » Alex lui était plutôt un habitué du rangement méthodique à la terminator.

Pour pallier à cette divergence, nous avons instillé des règles...

Pour la vaisselle, d’abord c’était à Clément de la faire, ensuite Nicolas, ensuite moi et ensuite Alex. Si l’un de nous ne la faisait pas le jour même, il devait en faire deux fois plus le lendemain et trois plus le surlendemain et il devait nettoyer les plats avant le repas s’il n’en restait plus… Ce système était plutôt dissuasif au point qu’en général, chacun faisait son tour le plus rapidement possible pour éviter un trop plein de corvées. Presque content de le faire.

Pour les courses aussi, une règle avait été votée. On était quatre, donc on les faisait une fois sur deux par groupe de deux. Idem pour le nettoyage de printemps. Ce n’est pas moi qui le proposais mais, à chaque vacance scolaire au moment de rentrer dans nos villes natales respectives, on s’y mettait tous avec de temps en temps quelques perversions du système telle que les batailles d’eau…  .

Cette année-là, il n’y a eu que quelques heurts mineurs dans l’enchaînement de la vie ménagère. Rien qui ressemble a une guerre comme elle a pu naître en quelques jours avec mon frère.

Si je dois analyser la cause de cette paix, outre le fait que nous avions chacun notre espace intime, je dirais que c'est  parce que nous avions défini des règles à respecter dans les parties et la vie communes. Et bizarrement, sortir les poubelles, qui avait été le seul domaine où nous n'avions pas légiféré, fut la tâche la plus génératrice de conflits.

Ce système ne supposait pas un élan personnel de bonne volonté, un effort qu’il incombait à chacun de réaliser librement en conscience de ses responsabilités, où chacun pourrait tergiverser en disant : «  mais moi j’ai fait ça et lui il a fait quoi? ». Ici il s’agissait de rentrer dans le cadre d’une obligation légale, juste et équitable.

Après cette réflexion, je suis donc aller voir ma mère. Et je lui ai dit que je pensais que des règles claires pouvaient beaucoup m’aider à l’aider dans ces tâches.

Elle me dit : «   ah oui mais tu te souviens pas ton père aussi essayait d’en mettre quand vous étiez plus jeune ».

 

 Oui mais maman, papa n’avait aucune légitimité pour faire ça. C'est toi qui doit le faire. ».  

Elle semble approuver.

Et enthousiaste je lui déblatére ma théorie. Elle semble encore approuver. Néanmoins le changement vient… de soi!... Ces règles n’ont bien sûr toujours pas été appliquées…

En conclusion, je ne cracherais plus sur le mot « organisé » et je n'éviterais toujours pas les conflits… 

Les lieux de vie


Il y a :

- " Non chéri pas ce soir ! y a Michel Drucker qui reçoit Bernadette à la télé " (je sais, je suis obsédé par Bernadette mais bon. C’est un peu comme une seconde maman. En pire.)

Ou :

-  " Non chérie pas ce soir ! y a le match Lens contre Sochaux sur TF1, ça va tabasser !" (YESSS !)

Voire:

-  " Au fait chérieeee,  tu veux bien commander les pizzas ? y a les potes qui vont bientôt arriver !!! "
 

A l’aube du troisième millénaire, Michel Rocard disait qu'elle (la télévision) était en passe de devenir la troisième activité humaine. Sommes-nous pour autant des « enfants de la télé » ? Personnellement, je suis loin de me reconnaître comme tel.  

Il est aussi vrai que mon père y a beaucoup contribué en nous la supprimant gentiment, à mes frères et à moi et ce, dès notre plus tendre enfance. Ce fut d’ailleurs pour nous un motif de plaidoiries passionnées pour la récupérer. Je me souviens de luttes tenaces, le soir, pour essayer de le convaincre de l’utilité indéniable que nous pourrions avoir du petit écran : reportages animaliers, émissions culturelles, dessins animés à proscrire (évidemment), films de qualités, etc. Tout y passait. Et si le combat fut long et dur, toujours est-il, que nos arguments portèrent et qu’un beau jour, nous pûmes retrouver le poste de télévision.

Mon père critiquait souvent la télé. La raison pour laquelle il nous enleva cet objet indésirable à ses yeux, fut principalement motivée par la boulimie qu’il pouvait lui-même en avoir. Dans le même temps, il était capable de s’en passer totalement. Etrange paradoxe, mais que celui qui n’a jamais péché lui jette la première pierre. Ca nous est tous arrivé de s’avachir nonchalamment sur le canapé pour regarder des émissions toutes plus désespérantes les unes que les autres, en espérant secrètement peut-être, surprendre une émission à-peu-près satisfaisante.

Un ours fait rarement un cochon et, comme mon père, j’ai une vision plutôt négative de ce média. Je ne me vois pas vraiment en faire pousser comme des champignons dans toute la maison.

Pour autant, durant certaines années de ma vie étudiante, je n’ai pas eu la télé et cela m’a manqué. Par exemple, je n’ai pu voir les images morbides des attentats du onze septembre que deux ans plus tard. Pareil pour les débats politiques télévisés de la présidentielle de 2002. Pouvoir observer les expressions des candidats, leurs yeux ou leurs gestuelles, ça aussi ça a été un facteur de manque.

Sur le principe, ce n’est pas que je sois contre la télévision en elle-même mais je trouve qu’elle engendre parfois une sorte d’autisme marqué chez certaines personnes. Et de plus, je suis convaincu que l'éveil d'un enfant devrait s'en affranchir au maximum.

Il y a pour moi une raison pratique de ce problème: le coin télé est toujours un point de vie central dans une maison. Les canapés sont souvent disposés de façon à la vénérer telle une idole. Durant ma seconde année de Bts à Croix-Rivail, j’ai été hébergé durant quelques temps dans une collocation plutôt sympa. Evidemment, il y avait comme dans toutes les maisons, une télé entourée de canapés. Mais cinq mètres plus loin, il y avait ce balcon. Il avait une vue imprenable sur la mer turquoise et sur une colline verdoyante qui s’enfonçait longuement dans l’eau. La brise légère des alizés y soufflait doucement. Et un hamac, accroché entre deux des colonnes qui soutenaient l’édifice, donnait des envies furieuses de siestes à longueur de journée.

Durant près d’un mois et demi, nous nous ne trouvâmes pas mieux à faire que de nous réunir tous les soirs sur ce balcon pour passer nos soirées. Le lieu de vie principal dans cette maison, c’était là, sur ce balcon.

Une télévision, c’est bien, mais à moi ça me semble important de faire en sorte que le coin télé ne pas soit le centre de vie dans une maison. Juste une comme ça, casée dans un coin sombre avec des toiles d'araignées où personne ne va jamais, j’ai tendance à penser que ça pourrait largement faire l’affaire.

On peut créer des lieux de vie autrement plus sympa. Une cheminée dans une pièce où l’on est envie de venir se blottir en hiver en est un. Un coin perso où l’on peut recevoir ses potes avec un billard, une table de poker et un petit bar, je dis, bien sûr, pourquoi pas. Une terrasse pour prendre le soleil en été. Un jardin qui donne envie de prendre l’air. Une piscine. Mon fantasme : une grande salle ambiancée avec une piscine intérieure aménagée juste à côté d’une cheminée. Un petit coin home cinéma pour regarder les films et les séries sur écran géant. Une infirmerie avec des costumes d’infirmières pour ma femme… Hin hin hin. En fait, tout ce qu'on pourrait imaginer, chacun voit ce qu’il pourrait trouver comme ambiances loufoques. Ce qui est important, c’est créer de la magie et se rencontrer dedans.

Perso, il y a un lieu qui me tient particulièrement à cœur : une cabane en bois. Une cabane posée sur un arbre centenaire. Avec un escalier en spirale. Un frigo et des bières. Non là je déconne. Une cabane bien faite, avec un grand lit, de la décoration, des livres, de cahiers et de l’encre, une belle vue panoramique, un petit balcon. Un endroit qui rappelle l’enfance. Un lieu sympa quoi.

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