14 novembre 2009

2046

« Autrefois quand on avait un secret qu’on ne voulait confier à personne, on allait sur la montagne, creuser un trou dans le tronc d’un arbre, pour y chuchoter son secret. Puis on rebouchait le trou avec de la terre, alors, le secret était bien gardé pour l’éternité. J’ai aimé Autrefois, mais elle m’a quitté. Je suis parti pour 2046, dans l’espoir qu’elle m’attende là-bas. Je ne l’y ai pas trouvé. Je ne peux m’empêcher de me demander si elle m’a jamais aimé. Question vaine peut-être. Sa réponse est un secret, que nul n’apprendra sans doute jamais.»

 

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02 novembre 2009

La mise à mort du travail

Sidérant ! Magnifique ! Triste ! Révoltant ! Intelligent !

Ce reportage est la plus belle remise en cause du capitalisme que j’ai jamais vu, c'est aussi simple que ça. Et pourtant ! Je me considère comme un capitaliste. C’est de mauvais goût en France de dire ça. Je le criais déjà pas sur les toits avant mais maintenant je crois que je vais vraiment la mettre en sourdine. Enfin la sourdine c’est tout relatif pour quelqu'un comme moi mais en tout cas je vais me modérer davantage, pas parce qu’il le faut, mais parce que je vais le devenir après avoir vu ça. J’ai beaucoup plus de sympathie pour les communistes depuis quelques minutes. Je crois toujours aux vertus du capitalisme, au fait qu’il est synonyme de progrès et de réduction de la pauvreté pour les pays du Sud. J’ai toujours aussi cru en ses défauts. Mais ce défaut là mis en exergue de cette façon, ça m’a vraiment abasourdi. Et ca fait peur tellement la pomme semble déjà être pourrie.

Ca m’a tellement chamboulé de voir ça que j’en viens à remettre en cause mon envie de travailler dans le secteur commercial, fusse-t-il celui du vin. Et si je le faisais je ferais en sorte de fuir comme la peste les multinationales et leur toyotisme. Etrangement ça concorde exactement avec une de mes questions existentielles du moment. Je cherche un métier qui fait sens. Il se trouve que j’ai déjà un diplôme qui me permettrait de trouver un job comme ça. Je me demande alors pourquoi je me lance pas dans le domaine où je suis le plus compétent. J’ai quelques pistes pour répondre à cette question mais j’en parlerai une autre fois, parce que là c'est ce reportage qui m'accapare.

Débectant ! On pourrait dire ça aussi pour qualifier son contenu. Chacun ira de sa rengaine à n'en pas douter. Et autant se faire plaisir, parce qu’on pourra taper sur personne, ni exiger justice de quiconque. Ou bien qu’il n’y ait personne à frapper en particulier, ou qu’ils soient trop bien escortés.

Bref ! Ce reportage est tout simplement sidérant. Il m’a énormément touché et j’exagère rien. Il est allé jusqu’à ébranler certaines de mes convictions politiques et économiques, mais il est aussi venu se poser comme un papillon dans cette quête pour savoir dans quoi je devrai me lancer après, dans quel(s) genre(s) de métier je serai susceptible de m'épanouir au mieux.

C'est un reportage culte !

Je vous le conseille, comme je conseillerais un livre de chevet. Je vous incite aussi à le payer et c’est un adepte du téléchargement illégal qui vous le dit. Pour une fois j'ai ressenti l'envie de marquer le coup, de soutenir le mec qui a réalisé ça, Jean-Robert Viallet, peut-être même pour qu’il fasse un autre reportage de la même envergure (il en a fait un déjà que je compte aussi me procurer : Chronique de la violence ordinaire, aussi disponible en VOD).

Allez-y, franchement, vous serez pas déçus du voyage !

http://www.francetvod.fr/site-vod/la-mise-a-mort-du-trava...

07 septembre 2009

C'est plus fort que moi...



28 mai 2009

That's why children are beautiful

10 mai 2009

IST*M Ze END

 

29 avril 2009

C’était trop court !

Tout était hier ! Tout, je me souviens de tout ! Ces visages, ces sourires, ces coups de gueule, je me souviens de tout, tout était hier. J'avais 6 ans, je me souviens de mon premier baiser avec Bérangère et du putain de vertige que j’ai eu en fermant les yeux. Ma tête a tourné trois fois autour de la terre. Je me souviens de la fois où j’ai offert des fleurs à mon amoureuse du CP qui ne m’aimait pas. Je me souviens que j’étais allé me cacher derrière le platane de la cours de récré. Je me souviens que je n’étais pas discret. Je me souviens quand je montais avec mon frère manger des kilos d'oranges sur le toit pour pas que notre mère nous voit... Je nous revois faire les innocents quand elle cherchait ses oranges. Je me souviens quand mon petit frère venait me trouver presque tous les soirs pour dormir avec moi. Je me souviens de mes cheveux longs, de mes dogs martins, des poèmes pornos que je faisais aux filles qui en redemandaient, je me souviens de son corps à elle, qu’elle venait doucement poser contre le mien, l’air de rien. Je me souviens de tout, c’était hier. C’était hier encore que je rentrais au lycée, complètement paumé et que j’ai vite arrêté. Je me souviens, ça fait si loin mais c’était hier, quand j’ai pris l’avion pour la première fois de ma vie, et que sa race, j’ai eu une peur bleue. Je me souviens que le continent était tout noir. Je me souviens que c’était hier quand j’ai vu son visage sous la pluie, elle n’a remarqué le mien que plus tard, je l’ai su qu’après quand elle était allongée dans mon lit, tout près des fenêtres par lesquelles on pouvait regarder la cité de Carcassonne et ses remparts éclairés. Je me souviens que c’était hier cette pipe de rêve meilleur orgasme de ma vie. Je me souviens que c’était hier quand j’empruntais le chemin qui menait au lycée Croix-Rivail, un chemin plein de cocotiers, de cacaoyers, plein de bruits d’animaux et que je prenais le temps d’écouter et de regarder. Puis j’arrivais sur la grand route et je faisais du stop. J’adorais ça. Je me souviens, c’était hier le moment où j’ai cru mourir parce que j’étais monté sur une voiture qui roulait et qu’après un coup de frein, je me suis retrouvé au sol devant des pneus qui avançaient et que j’ai roulé, roulé sur moi-même aussi vite que j’ai pu pour éviter de savoir qui serait le plus solide entre la voiture ou bien moi. Je me souviens, après, on me demandait inquiet si ça allait à cause du sang qui coulait, je me souviens que je répondais pas et que je marchais dans un état second en souriant bêtement, j'étais vivant ! Je me souviens, c’était hier l’Inde et tous ces sourires que j’y ai rencontré. J’y ai découvert l’enfance et moi, comme je ne me connaissais pas. Je me souviens, ça fait si loin mais croyez-moi, c’était hier. Peut-être au pied de ma tombe encore pourrais-je me dire ça, que tout était hier.

21 mars 2009

Les sirènes du bonheur

Je reviens sur l’Inde, un instant, encore, qui ne me quitte pas. En fait, ça n’a rien d’une révélation pour moi, ça faisait un moment que je le sentais comme ça déjà. Mais je tiens à rectifier cette part de vérité que j’ai plus ou moins senti quand j'y étais, mais que je n’ai jamais su clairement énoncer. Je suis bien tombé amoureux en Inde, ça ne fait aucun doute. Pourtant ce n'est pas forcément celle avec qui je vous ai le plus bassiné qui a marqué le plus mon esprit... Je vous ai parlé de Lata ! J’aurais peut-être dû vous parler davantage d’Aarti (d'ailleurs elle se retrouve bizarrement sur la photo de mon avatar aujourd'hui...)!

Et c’est pas comme si j’y pensais juste maintenant, je le sais depuis un moment comme je vous l’ai dit. La question a fait le tour plusieurs fois dans ma petite tête avant d'arriver ici. C’est peut-être con à dire avec tant de recul mais c’est elle qui me manque le plus. Tout comme c’est elle qui évoque le plus de tendresse dans mes souvenirs. Une fois, je me souviens, j’avais dit à Lata : « si j’avais été indien et qu’on m’avait proposé un mariage arrangé (ça fonctionnait comme ça dans sa famille) avec elle (Aarti), j’aurais dit oui ! ». C’est quand même pas anodin comme phrase.

Lata c’était la beauté et la grâce incarnées, on tombait sous son charme naturellement, mais avec Aarti, c’était différent. Il fallait passer du temps avec elle pour comprendre. Elle était moins belle même si moi je la trouvais belle, elle avait une bonne vingtaine de kilos en trop, elle avait la peau grasse, elle était moins jeune, mais… elle était douce, si douce, souriante, si souriante, elle avait de gros seins et tout comme la grâce et la beauté de Lata étaient innées, Aarti, par ce qu'elle était simplement, pouvait naturellement donner du bonheur à un homme.

Et de plus en plus pour moi, c’est la seule vraie question importante en amour. C’est pas la question de choisir la plus belle, celle avec le plus bon petit cul, celle aux yeux de velours, voire celle qu'on croit le plus aimer. La question c’est d’arriver à faire le tri dans son propre esprit pour (re)trouver la lucidité nécessaire que l’apparence, la souffrance ou l’attachement nous font souvent oublier, pour discerner entre toutes celle avec qui on pourra tout simplement être le plus heureux.

Ça me fait penser que je pourrais en parler des heures, d'Aarti... Je vous ai raconté la fois où on a parlé de mariage et que je lui ai dit qu'elle ferait une putain de bonne épouse et une bonne mère ?

07 mai 2007

Je viens du Sud

Dans le train, deux contrôleurs se prélassent dans le même wagon que moi. Ils papotent.

L’un lance nonchalamment :

- « C’est tranquille là, hein ? ».  

Ca me fait rire cette intonation qu’il prend.

L’autre répond tout aussi désœuvré :

- « Ouiii ouiii ».

Mais si tu bougeais ton gros cul ça serait peut-être moins tranquille mec tu crois pas ?

Alalala… On est dans le Sud !

 

Et moi, je suis dans le train qui conduit à Narbonne. Tout à l’heure, à la tête des gens que j’ai croisé en gare de Montpellier, j’ai su que j’avais quitté Paris. Les visages me semblaient plus familiers et cet accent qu’ils balancaient dans leurs voix, je le connais sur le bout des doigts. Oui, le Sud commence lascivement à pointer le bout de son nez. Les paysages de vignes, le soleil qui caresse la peau, la Méditerranée qui s’agite le long de la voie ferrée. 

Dans cette ambiance dominicale, je me laisse aller moi aussi à ne rien faire. Enfin, rien qui ne soit trop violent (disons-le, c’est très subjectif). Et, bercé par la farniente et les rayons du soleil, je regarde juste par la fenêtre en souriant bêtement. Je suis chez moi et c’est tout ce qui compte.

 

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Au passage, un petit poème pour tenter de vous faire entendre le chant des cigales.

 

 « De l'accent! De l'accent! Mais après tout en-ai-je?
Pourquoi cette faveur? Pourquoi ce privilège?
Et si je vous disais à mon tour, gens du Nord,
Que c'est vous qui pour nous semblez l'avoir très fort
Que nous disons de vous, du Rhône à la Gironde,
"Ces gens là n'ont pas le parler de tout le monde!"
Et que, tout dépendant de la façon de voir,
Ne pas avoir l'accent, pour nous, c'est en avoir...

Eh bien non ! je blasphème! Et je suis las de feindre!
Ceux qui n'ont pas d'accent, je ne puis que les plaindre!
Emporter de chez soi les accents familiers,
C'est emporter un peu sa terre à ses souliers,
Emporter son accent d'Auvergne ou de Bretagne,
C'est emporter un peu sa lande ou sa montagne!
Lorsque, loin du pays, le cœur gros, on s'enfuit,
L'accent? Mais c'est un peu le pays qui vous suit!
C'est un peu, cet accent, invisible bagage,
Le parler de chez soi qu'on emporte en voyage!
C'est pour les malheureux à l'exil obligés,
Le patois qui déteint sur les mots étrangers!

Avoir l'accent enfin, c'est, chaque fois qu'on cause,
Parler de son pays en parlant d'autre chose!...

Non, je ne rougis pas de mon fidèle accent!
Je veux qu'il soit sonore, et clair, retentissant!
Et m'en aller tout droit, l'humeur toujours pareille,
En portant mon accent fièrement sur l'oreille!
Mon accent! Il faudrait l'écouter à genoux!
Il nous fait emporter la Provence avec nous,
Et fait chanter sa voix dans tous mes bavardages
Comme chante la mer au fond des coquillages!
Ecoutez! En parlant, je plante le décor
Du torride Midi dans les brumes du Nord!
Mon accent porte en soi d'adorables mélanges
D'effluves d'orangers et de parfum d'oranges;
Il évoque à la fois les feuillages bleu-gris
De nos chers oliviers aux vieux troncs rabougris,
Et le petit village où les treilles splendides
Éclaboussent de bleu les blancheurs des bastides!
Cet accent-là, mistral, cigale et tambourin,
A toutes mes chansons donne un même refrain,
Et quand vous l'entendez chanter dans ma parole
Tous les mots que je dis dansent la farandole! »

Miguel Zamacoïs
(la fleur merveilleuse)

 

30 décembre 2006

Dieu du stade

Je me souviens, j'ai commencé dans un petit coin perdu, rue des orangers. J'habitais un appart pas vraiment meublé, sans télé, sans ordinateur. Juste avec un radio réveil et quelques bouquins pour m'occuper. Je lisais les livres. J'écoutais la radio. Je fumais les clopes. Mais il faut croire que je ne savais pas vraiment comment occuper mes journées, alors un soir, je me suis dis que ça serait bien d'aller courir.

J'ai commencé tout petit, à l'extérieur du stade, sur le petit carré de terre désert attenant aux grands murs qui séparaient la lumière des rétroprojecteurs, de l'obscurité. L'atmosphère était humide et je me souviens la première fois, en dix minutes à peine, j'étais déjà ruisselant de sueur. Les premières fois, ça faisait toujours très mal. Mais je m'accrochais et dès que je pouvais, à la nuit tombée, je me rendais sur le terrain vague de l'autre coté de la ruelle.

Les jours se succédaient et je courais toujours plus longtemps et plus vite.  De souffles en souffles, à la fin de l’année, je courais plus de trois quarts d'heure, presque chaque soir, à l'intérieur du stade. C'était un stade vivant, bourré de clubs, d'athlétisme, de football ou de basket mais à l'intérieur de ce stade, il n’y avait pas une personne qui pouvait courir aussi vite et aussi longtemps que moi. Et, certainement un peu prétentieux, je m'amusais à penser que même au delà, peu de personnes en seraient véritablement capables.

 

Je crois que c'est sur ce petit coin de terre que je suis tombé amoureux de l'endurance. C'est un peu comme quelqu'un que tu aimerais malgré tous ses défauts. Il n’y a peut être pas de buts à marquer, il n’y aura jamais personne pour flatter ton ego et souvent, tu as tendance à ramasser la crève comme seul trophée. Mais il y a ce « truc » qui te ressemble et te fait vibrer. Tu sais, comme quand tu as cette impression de  t'épuiser contre le vent, comme quand tes poumons sont si crachés que la moindre parcelle de ton corps semble te narguer en murmurant: mais pourquoi continuer? C’est dans ces moments là que tu sais pourquoi tu cours, dans ces moments là que tu n’as vraiment aucune envie d’arrêter. Juste tu ressens l'affront de cette pensée, juste plein d’adrénaline tu exaltes sous les suffocations,  juste tu souris et l'évidence est là : quand tu cours, tu combats!

Le corps et l’esprit. Deux choses plus anciennes que la philosophie. A ma droite, la volonté de continuer cette course métaphysique. A ma gauche, la fatigue et le quasi-réflexe de s'arrêter. Les deux s’emmêlent et se font face à chaque instant. C'est même la principale leçon que t'enseigne l'endurance sur toi-même. Les jambes porteront rarement ta tête, c’est ta tête, la force de ton mental qui portera tes jambes plus loin. Et peu importe de quoi tu te sens capable, de quoi tu te sens incapable, la chose est, que si tu veux, tu peux y arriver.

 

Ça peut paraître étrange, mais quand je cours, c’est comme ça que je sens les choses. Je pense à la vie, à comment elle nous fait mal parfois. A combien on a envie de s'arrêter là. Ce que je sais, c’est que sur les centaines de kilomètres que j'ai parcouru, je ne crois pas m'être arrêté beaucoup de fois avant l'heure. Sur les doigts de la main gringo. La course à mes yeux, c'est tous les jours de cette vie. De chaque putain de minutes. De chaque putain de secondes. Et je suis persuadé, mais alors comme un bison qui charge dans la plaine, qu’en moi, la course et la vie resteront toujours intimement liées... C'est MON sport!

28 décembre 2006

Les temps modernes

 "Moi je suis tombé amoureux sur le net... Je pense qu'on peut difficilement aller plus loin dans le genre... Ca a duré neuf mois. Neuf mois à se parler plusieurs fois par jour, à échanger nos mots, nos rires, nos idées, mais nos peaux, elles, ne se sont jamais effleurées... On me disait souvent que c'était le net, que ce n'était pas tout à fait réel, que je devrais laisser tomber. Je suis pas un expert de l'amour, mais il y a les choses que tu penses et il y a les choses que tu sens. Et ce que je sentais, c'était tout doux, ça faisait des sourires et plein de bisous.
C'est le net qui a fait naître notre histoire et c'est le net qui l'a tué. Et lui ou pas lui, virtualité ou réalité, tout ce que je sais, c'est que je l'ai vraiment aimé... On peut tellement toucher l'intimité des autres ici, tellement quitter les apparences de ce monde que je suis à peu près sûr de pas me tromper si je dis que c'est arrivé, que ça arrive et que ça arrivera... On apprend... A mes yeux, cette histoire n'a pas moins de réalité qu'une autre, c'est juste une histoire de notre temps, une histoire d'amour des temps modernes..." 
 
Et je sais que tu seras mon dernier amour dans cet espace où s'entrechoquent les mots et où parfois, ils vont même jusqu'à s'embrasser.
 

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