24 novembre 2009

C'est la vie

23h15, c’est l’heure à laquelle j’ai pu me poser tranquillement sur le canap après mon entraînement de Jujitsu. Autant dire que je me la donne. Bon y a certes aussi le fait que pour moi la douche chaude est un moment sacré (et un rituel sacrément long). C’est un des moments les plus apaisants de la journée je trouve. Et puis comme je m’orientalise pas mal, je fais une petite séance de méditation dans la salle de bain qui ressemble à un sauna juste après. Aujourd’hui j’ai dû quitter le dojo vers 22h30. J’ai fait des heures sup’ sur le tatami. Je me suis régalé comme d’habitude. J’ai même fait flancher un gros baraqué sous la vélocité (n’hésitons pas à employer le mot…) de mes poings. Le même qui m’avait foutu une branlée la dernière fois qu’on avait fait un combat de boxe américaine. Et j’avoue que ce petit détail a encore plus contribué à me régaler…

Je me suis rendu à mon entraînement juste après être revenu de Pézenas. On y était pour enterrer ma tante. Je pense que quelque part c’était un soulagement pour son entourage. Patricia, la sœur de ma mère, aurait pu vivre encore longtemps certes, mais à quel prix ? Ma mère, qui est retraitée mais qui continue aussi de travailler dans l’accompagnement des personnes en fin de vie, s’investissait beaucoup depuis deux mois. A son visage déconfit quand elle rentrait de l’hôpital parfois, à ce qu’elle disait, à la manière dont elle avait besoin de vider son sac, on savait que c’était une épreuve difficile pour elle. Non ça doit pas être la joie de voir sa sœur au bord de la débilité mentale.

Ma mère était parmi les 3 personnes qui s’impliquaient le plus, juste après le mari de ma tante et son fils unique. Elle allait souvent la voir sur son lit d’hôpital et lui parler, même quand elle ne répondait plus. Et puis elle s’occupait aussi énormément des relations avec l’hôpital et le personnel soignant vu que c’est une ancienne infirmière et qu’elle connait bien le milieu. Bref on le voyait que ça lui réussissait pas trop et on pouvait les deviner les jours où elle rentrait via l’hôpital de Montpellier. Un jour je lui ai dit que je trouvais qu’elle en faisait trop. Elle a rétorquée en invoquant les arguments bétons de la « personne ressource » et de « qu’est-ce que tu ferais toi ? C’est ma sœur quand même ! ». Elle  n’avait sûrement pas tort dans un sens. N’empêche, personne d’autre qu’elle ne s’est engagée en première ligne comme elle le faisait. Et malgré la logique implacable de ces arguments, quelque chose me dit qu’il y a dans ce comportement quelque chose de sous-jacent, quelque chose qui caractérise profondément ma mère.

Et donc j’ai assisté à mon deuxième enterrement en l’espace de quelques mois. Dans un laps de temps à peine un peu plus long, on a aussi vu deux accouchements. Mon autre tante a toujours du mal à se remettre de la disparition de son défunt mari et comme la dernière fois lors de cette cérémonie, elle appelait sa mère au moment de passer devant la sépulture de sa sœur. La première fois ça m’avait énormément marqué. Là non, j’entendais juste résonner la tristesse d’un allô-maman-bobo. Je la rassure toujours ma tante, j’arrive souvent à trouver les mots qui lui font du bien. Là je n’y suis pas allé dans l’originalité pourtant mais j’arrive à lui arracher des sourires, des étincelles dans le regard, des espoirs. Aujourd’hui j’ai juste dit un petit « c’est la vie », accompagné d’une grosse bise et de la conviction que ce que je disais n’était pas triste. Plus ça va, moins j’ai peur de la mort. Je vous ai dit la chanson que je voulais qu’on passe pendant mon enterrement ? Je l’ai déjà dit une fois mais je la mets en bas de note parce que je l’adore.

Je suppose que c’est lié mais bizarrement ce cimetière, le même où toute ma famille piscénoise séjourne toujours, m’est plus apparu comme un lieu de vie que comme un lieu de mort. Partout on pouvait voir des fleurs colorées, des photos accrocheuses, des « à mon mari », des « à mon père », des « à mon fils », partout il y avait les souvenirs que tous ces morts avaient laissés. Je ne sais pas quand il a été construit mais il y a avait peut-être 200 ans d’histoire qui émergeaient ici.


podcast

 

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19 octobre 2009

Frites champêtres au ketchup

Qui a dit que ce blog deviendrait pas gastronomique ? Moi aussi j’aime la bonne bouffe, vous n’avez pas le monopole des papilles ! J’ai DEUX recettes dans mon répertoire. Deux !... C’est déjà pas mal, non ? C’est un bon début au moins, vous trouvez pas ???

Après les patates à la sauce au vin, voici qu'arrive ma 2ème recette, une pure invention qui frôle le génie (gastronomique) : les frites champêtres au ketchup.

Le matériel :

- Une friteuse

- Un saladier

- Du sopalin

- Un couteau

- Un pansement

 

Les ingrédients :

- Des frites (Mac Ca1n)

- De l’huile de friteuse

- Des feuilles de laitue

- Une demi-tomate

- De l'huile d’olive

- Du fromage crémeux et fondant (camembert ou autres)

- Du jambon cru salé et séché (jambon de Bayonne, etc.)

- Du ketchup (He1nz)

 

Le protocole expérimental :

Couper le jambon et les tomates en tranches de tailles moyennes. Découper également le fromage que vous aurez choisi pour accompagner votre plat en morceaux ni trop petits, ni trop gros, de façon à ce qu’ils conviennent à vos bouchées et à celles de vos invités (de marques).

Pendant ce temps, mettre les frites dans la friteuse. Surveiller l’opération jusqu’à obtenir une belle couleur dorée puis sortir les frites en les plongeant dans un saladier recouvert de sopalin.

Assaisonner la laitue et les tomates avec de l’huile d’olive. Déposer les frites dans une assiette. Saler. Ajouter les morceaux prédécoupés de fromage et de jambon. Dans un petit coin, verser un petit peu de ketchup.

Voilà ! Vos frites champêtres au ketchup sont prêtes à être dégustées...  Non sérieux, je vous le recommande ce plat… Mélange chaud/froid, super complet, diététique et tout !

 

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29 septembre 2009

6/6

Pfffff… On aura beau dire, une famille sur laquelle on peut compter ça fait beaucoup dans la vie. Sitôt la nouvelle annoncée à mes parents, mon père me propose d’aller prendre un petit thé au Chillout. Il sait que j’aime bien l’endroit.

Depuis le début de la matinée (enfin 10h pour moi), je commençais déjà à entrevoir les nouvelles possibilités qui s’offraient à moi. Qu’est-ce que j’allais faire ? J’y avais déjà pensé, en vrac, sans jamais vraiment m’arrêter sur le sujet. Et voilà-t-il pas que j’élabore mon plan quinquennal pour l’année… Là clairement, je crois que je suis parti pour retenter le(s) concours. C’est de ça dont a discuté avec mon père, en sachant que j’ai un prêt étudiant de 30 000 euros sur la tempe et que je suis pas seul à décider du coup.

- Mais t’as fait un prêt (…) il faut assumer (…) t’as trente ans blablabla (…) Faut trouver du boulot en janvier maximum !

- Mais c’est ce que je veux faire, je vais y arriver, c’est pas parce que je me suis planté une fois que je ressaierai pas une seconde. Encore une fois, une seule, je vais y arriver !

Et s’ensuit l’établissement de mon plan d’action 2009-2010 donc.

D’abord téléphoner à Dijon pour savoir ce qui n’a pas marché. Leur dire que je vais repostuler l’an prochain. Bien noter leurs recommandations pour que ça se passe mieux et je crois que ça passera beaucoup par l’amélioration de mon niveau en anglais.

Et puis 6 mois à Narbonne :

- Arrêtage de clope

- Passage de permis

- Travailler l’anglais, encore et toujours

- Faire de l’Aïkido

- Profiter

Vous remarquerez qu’il y a des choses qui n’ont rien à voir avec le mastère heing ?...

Et puis vers mars, 6 mois en Chine de préférence. Dans le secteur vitivinicole of course ! Je vais acheter le Guide Répertoire des vins et spiritueux de la Mission Eco de Shanghai pour avoir une bonne liste de société à contacter.

Mon père et moi on n’était pas d’accord. On l’est toujours pas d’ailleurs. Mais c’est pas pour autant que je me suis pas senti épaulé. Il l’a dit lui-même, on est tous les deux aussi obstiné l’un que l’autre. Il est pas d’accord mais il m’accompagnera sur ce projet, notamment en me remboursant la moitié du prêt, ce qui m'évitera de rembourser des mensualités trop lourdes tout de suite (parce qu'après je devrais lui rendre à lui, ce sur quoi je me suis engagé depuis longtemps).

En fin de compte cette année devrait être plutôt pas mal… Ma foi, on verra où ça me mène !

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26 août 2009

Dans les rues de Narbonne

Je supporte de moins en moins d’écouter de la musique le matin au réveil, comme j’aime de moins en moins me coucher devant un film ou avec de la musique. J’aime le silence. Même les bonnes musiques et les bonnes chansons parfois, je trouve que c’est du bruit. Encore que je sois plus réceptif aux musiques seulement le matin. Enfin je parle de mon matin à moi, qui ne se situe pas forcément dans la même tranche horaire que le votre. J’aime le silence et les bruits, ça s’apparente souvent à de la pollution sonore à mes yeux. J’aime le silence, parce qu’il est fait de vie. De la vie simple, de celle que connaissait mes grands-parents, celle où aucun bruit de radio ne perçait dans les campagnes profondes, d’Espagne ou d’ailleurs.

Le week-end dernier a été particulièrement agréable. Même cette conversation qui m’a un peu déboussolé a été agréable, parce que la rencontre était belle. Et puis Amandine est venue chez moi passer tout le week-end, alors qu’elle devait seulement rester la nuit de vendredi à la base. Le vendredi soir justement, je suis arrivé à motiver même les plus casaniers d’entre mes potes pour aller au resto. C’est bizarre, parce que dans « potes », j’inclus mes frères souvent… Et dernièrement, sans faire attention, j’ai inclus Henri, qui a pris racine chez moi cet été, dans : « oh les frérots, je reviens plus tard ! » La frontière est parfois ténue…

Le vendredi soir, on s’est fait une putain de bonne soirée dans un resto marocain. Y avait Amandine, Yana et Yvan, Henri, Béranger et moi. On a mangé des putain de bons tajines et on s’est saoulé avec du Boulaouane gris. C’était bon, mais l’addition était un peu trop salée... Quand même la patronne a été très sympa vu qu’elle a dû voir qu’on était des pauvres mecs fauchés qui vivaient au dessus de leurs moyens. Elle a fait un petit geste quand elle a vu qu’on appréciait le vin marocain. En fait elle a remarqué ça au moment où on s’est posé à l’extérieur pour boire un thé à la menthe. Elle va pour débarrasser la table mais c’était sans compter le geste réflexe, quand je ôte presque des mains le pichet de vin qui restait, encore à moitié plein. Puis elle nous a fait goûté un autre vin marocain, dont je me souviens plus le nom, mais je me souviens très bien qu’on n’en a pas laissé une goutte. Un peu avant, vers 11h, j’avais raccompagné Yana, qui devait respecter son putain de couvre-feu. Mais c’était bien de la raccompagner. Et pfffff, elle commence à sérieusement se lâcher quand elle est avec moi… C’est dur, dur, dur… Puis je revenu au resto, on a fini les bouteilles de vins, on en a repris d’autres, puis le thé à la menthe, et comme on était les derniers clients, on s’est décidé à rentrer chez moi à pied. Amandine avait un putaing d’accent du Sud qui défrisait tout sur son passage. On s’est un peu foutu d’elle. C’est bizarre, jamais je l’avais entendu parler comme ça avant. Moi je chantais avec mon petit-frère. Sans les intonations des gars qui ont bu, ça donnait quelques choses du genre : « dans les ruuuues de Paris, lalala lalala , la-la » (la vraie chanson c'est 'sous le ciel de Paris') Je me souvenais plus du reste, la plupart du temps mon disque était rayé. Une bonne soirée quoi…

Et puis demain, je dois aller à Bordeaux passer un concours à l’Inseec. Ca craint du boudin, tout est en anglais. Je pense que j’aurais plus de chance avec celui de Dijon. Mais bon, je vais tenter ma chance. On verra ce que ça donne.

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08 août 2009

Hey !

Ouais OK, c'est peut-être pas du grand art, mais il dit le mot magique dans la chanson !

(Et le clip est à ravir !)

 

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12 juillet 2009

Un pas après l'autre, toute la vie

Vous avez jamais eu l’impression de faire parti d’une grande famille ? Un genre de famille qui dépasse celle du sang. Moi ça m’arrive parfois, comme ce soir.

Ce soir, on a fêté les 30 ans d’un pote que je connais depuis ma 6ème. Ca fait un bail. Y a eu des moments avec, des moments sans, mais presque 20 après, on se connait toujours, on partage toujours des bons moments. Il s’est marié, il a eu un enfant. On a changé, le monde autour de nous a changé, nos liens aussi ont changé, mais ils sont toujours là. Et ils étaient là avec toutes les personnes qui se trouvaient autour du petit barbeuc'. Même Yana a passé une bonne soirée je crois.

Putain va vraiment falloir que je me décide à l’embrasser un jour peut-être non ? En fait je sais pas, j’aurais bien envie d’attendre que tout soit réglé pour elle (et qu’elle parte pour Montpellier ???) pour le faire. Comme pour être sûr qu’elle me rende pas un baiser parce qu’elle se sentirait redevable, comme pour être sûr que ça pourrirait pas l’aide que je peux lui apporter. Parce que je vous ai pas dit mais ça marche bien quand même mon aide. Maintenant, la directrice du centre mater lui demande plus de partir fin août. Non, non, maintenant elle peut rester… Quelque chose me dit qu’elle a reçu au moins un coup de fil, si c’est pas plusieurs. Step by step comme je dis à Yana, step by step on va la sortir de cette merde. D’autant que ce soir, elle, comme les autres, dans ce petit coin de pays, on était un peu tous comme une grande famille (et même que l’alcool ça aide faut dire pour sentir tout ça...)

Ah et puis sinon je suis allé à la plage pour la première fois de l'été ! Et je sais pas si c'est ça ou l'alcool mais ça m'a tué !

B'nuit !

 

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02 juillet 2009

O'brothers

 

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26 juin 2009

Stabilité, volatilité, jaillissement, etc.

Je viens de parler avec ma mère et je lui ai exprimé certains de mes doutes. J’ai aussi envoyé un mail à une nana avec qui j’avais bien accroché à Vinexpo. Je vous en livre un extrait :

« Tu me parlais de passion, finalement moi cette passion du vin je ne l'ai pas comme toi qui étudie depuis longtemps dans cette filière. Ce que j'aime vraiment au fond, c'est mon pays (le Languedoc), le challenge (pour ne pas dire le business, l'entrepreneuriat tout ça) et l'Asie (especially India). Le vin m'a souvent semblé être une bonne passerelle entre toutes ces aspirations (même si faut avouer que le marché indien du vin est un peu pourri pour l'instant), et puis c'est pas comme de vendre des petits canards en plastique made in China, ça a du sens. En plus, j'aime la bonne bouffe, vraiment, c'est une des priorités number ouane dans la vie pour moi ! Raaah les plaisirs de la gastronomie... D'un autre côté, je suis pas très élitiste, j'aime bien les gens simples, et j'apprécie souvent plus de discuter avec un paysan indien qu'avec l'ambassadeur de France en Inde. J'ai un peu peur de tomber dans cet élitisme que j'aime pas justement, dans le domaine du vin. Je dérive sur autre chose mais pas vraiment en fait, parfois je recherche la stabilité (donc le pays, la famille, la nana, les amis et tutti quanti) et parfois c'est tout le contraire (donc prendre les opportunités au vol, changer de métier, d'endroit, bouger, etc.). Donc je m'interroge beaucoup même, c'est pas seulement une question de mastère, ça devient de l'existentiel... »

Stabilité ou pas ! Je crois que je commence à comprendre. Et ça n’a strictement rien à voir avec le vin. Ca a à voir avec les femmes ! Celles de mon avenir et de mon passé. En fait, je crois qu’en ce moment, je ne me sens pas lié comme je l’étais l’an dernier. Les relations durables, ça me passe un peu au dessus, j’ai beaucoup plus envie de présent que d’éternité. Alors j’ai envie de nouveaux horizons, d’écarquiller grand les yeux, et je n’ai pas d’entraves qui me retiennent. Pour le moment.

Mais après cette discussion avec ma mère, je me dis que c’est justement « pour le moment » ! Même si j’en ai pas envie aujourd'hui, sur le long-terme, l’option vin, c’est la garantie de pouvoir assurer cette stabilité, de pouvoir rentrer au pays et d’y faire ma vie. Le vin, c’est un peu comme de dire : « viens belle, on ira » (ah la la JJ, toi tu sais les faire rêver les femmes heing !) pour baratiner un brin tout en ayant secrètement dissimulé un petit billet retour avec assurance rapatriement dans une de ses poches…

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21 juin 2009

Le coup de la capote glissée discrètement sur la table…

C’est le conseil d’un pote en fait, que je ne nommerai pas… Il m’a dit : « glisse la capote sur la table et vois sa réaction… ». Il m’a dit ça en rigolant bien sûr. Mais ça c’était pas pire que le coup du : « elle part au toilette et tu te mets à poil avant qu’elle revienne ». Elles ont de l’avenir ces techniques, je le sens…

Je suis allé à la fête de la musique avec Yana ce soir. Et c’était bien ! J’ai pas eu à utiliser de capotes mais c’était bien quand même. Les discussions, elles étaient bien. Le bisou pour dire au revoir, mes mains et mes lèvres sur ses joues, c’était bien. Qu’elle me rappelle une heure après, alors qu’en fait non, c’est pas elle qui a appelé, c’est son fils Ivan, c’était bien. Tout était bien en fait.

Et puis je suis content parce que je suis arrivé à instaurer une relation de confiance, pas opportuniste. Je pense que beaucoup auraient profité de sa situation, qui n’est pas sympa elle par contre. Dans deux mois et demi normalement, elle sera éjectée du foyer dans lequel elle vit pour un avenir plus qu’incertain. Elle pense à rejoindre sa mère en Argentine. Bref, je suis sincère avec elle, et elle est sincère avec moi, je crois pas me tromper, je crois pas qu’elle me trompe non plus, bien sûr je suis tout sauf un sauveur mais bien sûr je vais essayer de l’aider. Pour l’instant je fais que l’apaiser. Elle a peur de devoir retourner avec le père d’Ivan, perd de perdre Ivan tout ça. La situation pourrait être mieux, ça fait pas un pli. Mais la situation empêche pas que j’ai envie de lui faire l’amour, et que je crois que j’ai une touche, et que comme d’habitude, je laisse faire le temps, sans regrets.

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13 juin 2009

Mes frères et moi, nos vérités toutes crues

Ca a commencé un soir en Inde, alors qu’on discutait comme il nous arrive relativement souvent de le faire entre frères. C’est moi qui ait lancé « la proposition », elle a été plutôt bien accueillie à voir comment ça se passe encore aujourd’hui. Je suis simplement parti du constat que les « gens » ne se permettaient pas de nous critiquer ouvertement la plupart du temps, ça se faisait en coulisse, sans que nous on n’en sache rien. Je me suis dit que ça serait bien de pouvoir se dire nos défauts entre frères, sans oublier l’art et la manière, mais franchement. Des choses que les autres gens ne nous diraient pas, ou qu’on ne voudrait pas entendre de leur part. Le but, c’est évidemment d’évoluer, pas de se sentir blessé ou attaqué. Et à la réflexion, même si je ne doute pas avoir beaucoup de défauts, j’ai proposé ça avec une idée particulière en tête : celle de pouvoir dire à mon grand frangin certains trucs. Ce qui s’est fait d’ailleurs.

Mon grand frangin, c’est un geek. Depuis qu’il a arrêté l’armée y a plus d’un an, il passe son temps devant son PC et ses jeux. Je m’inquiète pas pour ça, moi je pense qu’il n'y a pas de temps perdu dans la vie, qu’on apprend de toutes nos expériences, souvent des mauvaises. Là où je m’inquiétais, c’est au niveau de sa sociabilité. Et comme je considère qu'il n'y a pas plus important dans la vie que les rencontres, c'était un motif d'inquiètude sérieux de ma part. Dans les convers’, il a une grosse tendance à être agressif. C’est tellement flagrant que tout le monde le remarque quasiment au premier contact. Mon petit frère le sait aussi, qu’il donne souvent cette impression. Bon, nous on est ses frères, on le connait, on n’en a rien à foutre qu’ils nous disent : « ça veut rien dire ce que tu dis », où qu’ils parlent trop fort, etc. On est ses frères, on accepte ses défauts. En plus, il commence à s’en rendre compte et cherche à s’améliorer. Et je lui en tiens pas rigueur d'autant plus que moi aussi je peux être agressif, même si c’est moins prononcé que lui. On dit qu’être agressif, c’est être sur la défensive en fait. J’adhère assez à ça. Moi je suis souvent sur la défensive tant qu’il n’y a pas une certaine intimité entre le gens et moi. Et dans les foules, y pas d’intimité, alors je suis souvent sur la défensive, donc agressif si on me prend pas dans le bon sens du poil.

Bref, je vois que ça nous fait plaisir de pouvoir se dire les choses franchement. Je trouve ça bien, parce que par exemple, j’ai jamais eu l’occasion de dire ce que je pensais vraiment à mes parents. Aujourd’hui, le système se focalise surtout vers mon grand frère, un jour peut-être, c’est vers moi que les convers se tourneront. Mais on s’entend bien mes frères et moi et même si on est assez différent. Y a au moins une chose qu’on a en commun, on aime bien parler.

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