09 décembre 2007
... et je ne baisserai pas le regard
Bon… Je sais que je vais perdre toute crédibilité en disant ça. Mais voilà, j’ai changé d’avis depuis hier. J’en suis convaincu, dur comme fer, faut que je me passe des médocs. Je suis sûr que ça va être une stratégie payante sur le long terme. Même si bien sûr, là tout de suite, ça paraît pas tous les jours évident. Je reste malgré tout convaincu qu’il faut que j’arrive à gérer ce manque de confiance et ce stress moi-même. C’est important que mes mécanismes de défenses psychiques s’actionnent efficacement. C’est vital que j’apprenne à gérer les situations difficiles. Je peux la gérer, je le sais.
Qu’est-ce qui est à l’origine de ce revirement? Déjà je suis rentré au pays, pour un mois de vacances. J’ai pu déballer mes soucis du moment à ma petite famille et presque immédiatement, j’ai eu l’impression que le sac était beaucoup moins lourd. Et puis cette semaine était particulièrement dure, à plusieurs niveaux, je ne peux pas me baser sur ça pour justifier le recours aux médicaments. Alors je vais continuer sans, en essayant d’être plus zen et de reprendre le chemin de la confiance en moi. Y a que comme ça que je deviendrais un homme, un vrai.
A court terme, pour que ça aille mieux, je pense qu’il faut que je tire mon coup. Ben si ! c’est important quand même… Parce qu’évidemment, ça fait du bien d’avoir un regard de femme posé sur soi dans le creux d’un lit. Je pense à une nana en particulier quand je dis ça. Elle s’appelle Young Mi. Elle doit avoir quelques années de plus que moi. Une quinzaine je pense… Mais j’aime les femmes, les vraies alors c’est pas un problème à mes yeux. Et puis elle est belle. Cette nana-là, elle respire la féminité. Mais ça fait longtemps qu’elle a pas été touché. Son dernier mec, je le connais et c’était juste un gros con. Parce que cette nana, elle est tout simplement géniale. Elle mérite le meilleur (CQFD). Je l’ai rencontré en Inde. Je la revois de temps en temps sur Paname. Elle est prof de chant. L’an dernier, elle a tout de suite vu que ça allait pas super pour moi et j’ai bien aimé sa façon de réagir, la stabilité qu'elle affichait à mon égard. J’ai une grosse envie de me la faire. Je dois la voir juste après Noël, avant qu’elle reparte en Inde. Comme d’hab, elle va m’inviter à dormir chez elle. Sauf que là (la pauvre), au lieu de rester bien sagement allongé sur son canapé, y a des chances que je joue les rebelles... Je sens qu'elle en a envie. Alors si je trouve le courage, je me lèverais, en pleine nuit, je pénètrerais dans sa chambre, sans frapper, je me glisserais sous ses draps, sans un mot. Plus ou moins doucement, je m’attellerais à la réveiller, sous des câlins et des baisers. J'ai vraiment une grosse envie de grimper sur son corps à la Young Mi. Wait for me poulette, j'arrive! Tu vas voir ton cadeau... Bref, le plan parfait ! Sur le papier !
Waouhhh, deux posts en deux jours, c'est vraiment noël!!!
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08 décembre 2007
La maladie, je la regarde droit dans les yeux et je ne baisserai pas le regard
Je vais pas la jouer : mdr, ptdr, xD, expldr, kikou lol, etc. Non parce que ces derniers jours, ça allait pas fort. Pas fort du tout. Je ne suis pas vraiment sûr que ce soit passé dans le fond. Pour vous raconter un peu, je suis au prise avec deux fléaux en ce moment : les épisodes dépressifs, et un penchant marqué pour la phobie pulsionnelle (oui je suis psychologue et alors ?). Et ces jours-ci plus que d’habitude, je me suis posé la question du recours aux médocs et à l’alcool. Il faut dire que vu que mon état a « remis en cause certaines de mes relations », j’ai franchi un des deux pallier que je m’étais fixé avant de mettre la question sur le tapis. Dans les arguments contre, je me dis souvent que cette période devrait m’apprendre à mieux gérer mon stress si j’accepte de la vivre « pleinement »... Mais bon... l’intérêt de la vivre pleinement semble assez limité quand c’est comme ça et plus ça va, plus je me rend compte que le gros problème, ce n'est pas ma gestion du stress, c’est les épisodes dépressifs et le manque de confiance en soi qui en découle. Ca me fait perdre beaucoup de mes moyens. Je ne pense pas qu’on puisse lutter contre une dépression avec sa seule bonne volonté. Alors je me dis, sans encore en être tout à fait certain, que je vais passer par une solution médicamenteuse. Si c’est le cas ma seule exigence de ce côté-là, c’est que le médicament n’influe pas sur ma libido. Et oui hein, faut savoir reconnaître ses priorités dans l’adversité...
Bon enfin voilà, donc je me suis ramassé comme une merde pendant toute la semaine passée et c’était super. Vous ne m’en voudrez pas de passer sur certains détails hein ? Ca suffit de les vivre une fois. Malgré tout, y a deux choses réconfortantes auxquelles j’ai pu me raccrocher. Le sport, bien sûr, parce que ça m’apaise et que finalement, c’est un peu comme si ça me permettait d’exploser dans une performance physique plutôt qu’ailleurs (ce qui est mieux pour tout le monde, convenons-en). Et puis y a une deuxième chose qui a un poids de plus en plus important sur mon bien-être depuis que ça va mal avec milie: ma scolarité. Ouais là je sais, c’est le moment où les gamins, ils s’disent : hannnn nonnn, pas l’écoleeee !!! Mais moi je fais pas une école comme toi, pèque ! Et je fais plus de maths, c’est pour te dire. Moi mon école, c’est une école où t’apprends de vrais trucs utiles. T’es jaloux hein ? Hin hin hin... Mais c’est vrai, mon école et ce que j’y fais, c’est une des rares choses que je sens très bien en ce moment. Ca me valorise, ça me rend fier, intelligent, ça me fait rêver, ça me donne pas mal de raisons d’avancer.
Alors j’avance.
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05 novembre 2007
Parfois
04/11
Ce matin, en me levant, goût à rien. C’est à ça que je vois que j’ai des tendances dépressives en ce moment, à cet arrière-goût de chiotte au moment du réveil. Même si après ça passe en général, mais au moment du réveil, c’est un truc qui est souvent là. Comme si j’avais mal dormi, comme si j’attendais rien de particulier de ma journée. Cet arrière-goût m’est resté pendant quelques heures aujourd’hui. D’hab, il s’en va plus vite. C’était vraiment des heures de merde. Ah que j’aimerais que la vie m’apparaisse belle et magique comme avant dans ces moments-là ! Mais non. Juste envie de pleurer, de vomir, sans trop savoir pourquoi. Juste envie de son réconfort à elle, même si là tout de suite, je la fuis. Envie de parler à personne en fait, la prostration est trop forte. Pourtant je suis à Narbonne, entouré de potes, mais non, là ça marche pas. Je me sens tellement pas intéressant et tellement pas marrant que j’ai peur de perdre tous ceux que j’aime tellement je serais à chier, c’est un peu ça le concept finalement.
Je suis allé faire des recherches sur internet à propos de la dépression et effectivement, il semble bien que j’ai quelques symptômes. Pour l’instant, je ne prends pas de médocs. Et j’aimerais éviter d’en prendre. A priori, il y a des guérisons spontanées au bout de six mois un an. Vu que ça fait un an que je suis comme ça, je peux peut-être espérer une rémission rapide… Les médocs, sur le principe, j’ai rien contre. Je pense que c’est un peu n’importe quoi la mauvaise presse qu’on leur fait. Quand t’es vraiment mal, c’est souvent une bonne solution et ça vaut toujours mieux que de se ramasser la tête chaque jour. Si je dois en arriver à prendre de médocs, ça me posera pas problème à ce niveau-là, c’est pas pour ça que je retiens ce moment le plus longtemps possible. Si je le retiens, c’est parce que j’ai l’impression qu’une situation comme celle-là te pousse à faire un travail important sur toi-même. En économie, on dit qu’une crise permet d’épurer certains mauvais fondamentaux. Et ben à mon sens, c’est un peu le même principe en psychologie. Je pense que ce travail psychologique que je fais en ce moment sur moi-même n’est pas inutile et doit me conduire à évoluer. Même si dès fois, c’est un peu dur. On verra, je me laisse jusqu’à noël pour voir comment ça évolue. A ce moment-là, je mettrais la question des médocs sur le tapis. Tant que mon état ne met pas ma scolarité et certaines de mes relations en cause, je peux me le permettre. Sinon ça sera plus dur. Bon, je vais allez courir. Je connais rien de mieux pour l’instant comme médoc. (Edit) Ah si...
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14 octobre 2007
Le flegme britannique
J’ai beau être né dans une région latine, je pense sincèrement que je ressemble plus à un anglais qu’à un italien. En fait, j’ai un peu des deux en moi. Tout dépend des circonstances. Parfois, je parle avec les mains, j’ai un petit sourire en coin et je m’agite pour un rien. Ca c’est quand je me sens très à l’aise… Mais sinon, je serais plutôt du genre Phileas Fogg : incapable d’extérioriser le moindre sentiment.
Hier on a logiquement perdu le match contre les anglais. On était allé le regarder sur les écrans géants du Champs-de-Mars avec un petit groupe de ma promo. Avant le match en tout cas, c'était très beau. En arrière plan, la Tour Eiffel illuminée. Autour de nous, au moins 20 000 personnes amassées sur les pelouses et presque autant de cadavres de bouteilles jonchaient le sol au moment où on est parti, c’est dire l’ambiance... C’était une expérience à faire, mais très sincèrement, c’est toujours un effort pour moi d’aller dans des endroits aussi bondés. Je m’y sens aussi à l’aise qu’un ours blanc dans la savane. Et évidemment, j’ai eu droit à mon lot de réflexions sur le sens de ma vie et sur mes capacités à surmonter les difficultés du moment.
J’avoue que je ne me sens pas vraiment sociable en ce moment. Je ne conçois pas les relations sans intimité. Et je ne conçois pas non plus de balancer mon intimité à n’importe qui. Ca laisse peu de portes ouvertes vous me direz. Pourquoi ce blocage sur l’intimité ? Sûrement parce que la mienne me travaille en ce moment et que je ne vis qu’au travers d’elle. Parce que je la sens pas belle. Je me laisse aller à me dire qu’on passe tous par des phases comme ça au moins une fois dans son existence. Ces moments où on se dit qu’on vaut pas deux sous et que décidément, celle qui va tomber sur nous devra avoir bien du courage pour nous supporter. Enfin si seulement elle daigne apprendre à nous connaître. Parce que c’est même pas sûr qu’on soit assez intéressant pour ça. C’est bizarre cette façon qu’on a de penser que quelqu’un d’autre pourra nous sauver. Comme si quelqu’un pouvait faire ça. A la limite, tu peux toujours trouver un regard valorisant chez ta partenaire que tu pourrais difficilement trouver ailleurs. Mais bon, peut-être parce que je peux pas sortir ça de ma poche comme un lapin, je me dis que c’est un peu trop romantique pour être vrai.
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09 octobre 2007
Bienvenue à depressive land
Putainnnnn !!! Deux jours que je suis rentré et je me sens déjà complètement abattu. Magnifique. Je suis content là. Ca y est, deux jours que je suis ici et je déprime. La dépression me guette. Non seulement je me sens seul, mais en plus je fais tout pour m’isoler. C’est fou comme j’ai eu à grandir depuis un an. J’arrête pas de morfler sévère et c’est mon petit cœur qui arrête pas de prendre des coups. J’ai un peu du mal à encaisser tout ça. C’est l’essence même des mes perceptions qui est attaquée, c’est l’idéalisme qui se confronte avec la réalité. Je me laisse charger, parce que je me dis que c’est une transformation nécessaire que j’ai à accomplir, mais bon, je préférais que ça s’éternise pas trop. Quand je suis à Narbonne, je le sens moins passer, parce que je suis souvent entouré, mais ici, à Cergy, non. Je me sens vraiment seul, complètement asocial, et incapable de m’ouvrir aux autres. Putain… En deux jours je me rends compte que je suis loin d’être sorti du merdier.
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30 septembre 2007
Les mots me manquent
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05 juin 2007
Je me sens pas belle
Alalala, comme je fais mon autiste. Putain, c’est ça les maniaco-dépressifs. Ce soir, je me bourre la gueule, c’est décidé. Et tout seul. Enfin y a du monde autour de moi, mais quand même, je suis tout seul. Moi aussi je vais commencer à dire que j’aime pas les gens. C’est pas vrai, mais ce soir je pense qu’à ma gueule et ma gueule, elle va pas très bien. Vivement Tanger. Là, la vie est en stand-by. J’ai pas envie de parler aux gens de mes problèmes. Enfin si, j’en ai envie, mais je vois pas à qui je pourrais dire ça. Personne en fait. Et surtout pas à mes proches avec qui ça va pas très bien. Au bas mot, je suis un tantinet irritable en ce moment. Au mot juste, je dirais que je peux être désagréable. Mais rien ne me donne envie de l’être. Pourquoi je le serais ? Y a pas de raisons d’être agréable si on l’est pas avec vous. C’est donc pas avec ma mère que je le serais, ni avec mon frère. Avec les potes éventuellement. Eux, heureusement qu’ils sont là. Je les aime mes potes. Mais bon. Les potes, ça remplit pas toujours une vie, ça calme, mais ça m’aide pas, là tout de suite, à résoudre mes problèmes métaphysiques.
Hijo de puta de vida ! Fancula ! Bon... Je suis bourré. Ca sert à rien de parler là. Et puis je parle des langues étrangères que je connais pas. Tchou tout le monde. Enfin, les gens.
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19 avril 2007
Une substance pour sortir, une substance pour entrer
29 Décembre 2006
C’est fou ça… Cette angoisse qui me monte d’un coup en ce moment. Là, j’étais même pas dans une foule. J’étais tranquille chez moi. Et toujours cette impression que je vais péter un câble. Ce tourbillon dans mon ventre. Quand j’y repense, j’avais les mêmes sensations il y a quelques mois à Narbonne. J’avais paniqué pareil et puis, de sports en sports, je m’en étais plutôt bien sorti. Enfin, moyennement à voir mon état actuel…
Ca me rappelle une question de la psy à laquelle j’avais répondu que, lorsque j’étais seul, ça allait bien et que c’est uniquement au contact des foules que se manifestait mon angoisse. Mais en fait là, je suis obligé de reconnaître que non. Pas besoin des autres. Je m’angoisse tout seul.
Depuis moins d’une semaine, je prends une pilule pas magique. Les effets ne sont pas censés apparaître en si peu de temps. Il faudra attendre plusieurs jours encore. Voire plusieurs semaines. Ce qui m’inquiète, c’est que le traitement puisse ne pas marcher. Mon organisme peut faire des résistances m’a expliqué le psychiatre que je suis allé consulter. Ce qui ne m’enchanterait pas plus que ça. Ca m’angoisse en fait. Comme beaucoup d’autre chose en ce moment. Il avait l'air d’être complètement tcharbé ce psychiatre... De toute évidence, c’était le frère caché de Le Pen. Il avait ce regard. Le même regard que lui. Ces expressions. Cette façon de parler des choses du passé. Et puis cette absence d’écoute alors même qu’il est psychiatre. Il m’a fait froid dans le dos ce mec. Mais de toute évidence, il croit à l’avenir des médocs et de sa profession.
Et il a soulevé un point très intéressant. Il m’a dit que mes problèmes actuels venaient sûrement du cannabis. Ce que je savais plus ou moins. Même si la cause ne peut être que plurifactorielle. Avant vingt ans, m’a-t-il expliqué, sa consommation peut causer des pertes des substances régulatrices du système nerveux - si j’ai bien compris -. De l’ordre de quinze pour cent. Pas de doute. C’est les quinze pour cent de calme qui me manquent en ce moment. Les médicaments, a-t-il ajouté, allaient m’aider à récupérer ces substances perdues. Je ne demande pas mieux.
C’est vrai. Mes problèmes sont apparus dès le moment où j’ai commencé à enfumer mes soirées. Parce qu’avant, j’étais plutôt le boute-en-train des cours de récré. A partir du moment où j’ai commencé à en prendre, une certaine nervosité a commencé à s’installer en présence des autres. Je fais partie de ces gens qui auraient du éviter d’en prendre.
Ce qui est sûr c’est que je veux m’affranchir de tout ça. M’affranchir de ces démons qui me hantent et retrouver ma liberté. Pour aimer, pour être heureux, pour reprendre du plaisir à vivre avec les autres, dont j’ai tant besoin.
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17 avril 2007
Jusqu’à me demander qui je suis
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16 avril 2007
Psychodrame
21 Décembre 2006
Ca y est !
Après la déconvenue de ce matin, je me sentais pas bien du tout. J’avais peur d’être nuisible. De péter un câble. Y avait un truc dans mon ventre qui m’envahissait comme une chaleur suffocante. En sortant du partiel, il ne me faut que quelques minutes pour téléphoner aux psy du coin :
- Dans un mois !
- Après les vacances.
Putain ! Mais vous allez me le donner ce rendez-vous?
Hôpital. Urgence psychiatre. C’est pour moi ça. C’est pour les fous. Au début, j’ose pas bien dire pourquoi je téléphone. Je gruge mal.
Moins d’une heure après, je suis parti, direction hôpital. Le trajet est on ne peut plus éprouvant. J’ai peur de cette pulsion violente. Peur de faire du mal. Peur de perdre le contrôle. Peur d’avoir peur.
J’arrive enfin devant l’hôpital. Je vais prendre des renseignements à l’accueil. Le mec porte un regard bizarre quand je lui dis où je me rends. Et ué mon gars, je suis un fou moi ! Du coup, là, cette phrase prend un sens.
Comme si ça suffisait pas ma descente aux enfers, le service psychiatrique, c’est au sous-sol. Forcément. Je passe dans un genre de tunnel glauque avec des lumières jaunes sombres. Je vois le panneau : Service psychiatrique. Ca me fait peur. Je ralentis. Je vais atterrir chez les fous, c’est pas possible. Je vois déjà la scène. Le vieux mec tout gâteux en train de gueuler sans que personne comprenne pourquoi. Comme quand, gamin, je rendais visite à ma mère dans le centre de prise en charge pour vieux déglingués. Putain, ça va être terrible. Mon apocalypse. Mais de toute façon, j’ai plus le choix. Et mon pire ennemi, c’est moi. Alors j’avance. J’arrive dans une salle. J’ai une voix faible et grave lorsque je réponds à l’infirmière qui me parle. Les mots sortent mais j’ai pas envie de parler. Plutôt envie de pleurer. Et je présents déjà que ça va forcément arriver dans pas longtemps. Elle me dit d’aller m’asseoir dans la salle d’attente. Pas de vieux qui gueule. C’est déjà pas mal. Elle vient me voir et me parle doucement. Je lui explique un peu la situation. Que je me sens pas bien. Elle repart. J’entends qu’ils prononcent mon nom dans la salle d’à côté. J’y vais. Je demande à fumer. Elle m’autorise à le faire dans la salle d’attente. Puis, après quelques minutes d’attente, un psychiatre se pointe avec l’hôtesse. Il me font rentrer dans une salle. Je raconte encore une fois. Mais les mots sortent beaucoup plus difficilement là. Je sens ma gorge qui se noue. J’ai la voix éraillée. Et puis ce qui devait arriver, arrive. Je pleure comme un bébé. Ils me filent un mouchoir, et une prescription. J’en demande pour tout de suite bien sûr. Et puis il me propose d’avoir un suivi avec une psychologue. Je dis oui. L’infirmière me demande d’attendre pour prendre rendez-vous. Je retourne en salle d’attente. Mais il y a deux personnes maintenant dans cette salle. Je leur tourne le dos. Je renfile mon manteau sans les regarder. Mais déjà, je me sens mieux. Ca m’a fait du bien de pleurer.
J’attends la psy dans le couloir. Je m’assois et je reste les yeux rivés dans le lointain ou sur le sol, c’est selon. Elle me reçoit avec un sourire. Elle est jeune, à peu près mon âge. Plutôt jolie. Elle me dit de m’asseoir. Je m’exécute. Elle n’arrête pas de me regarder en souriant. Ca me fait sourire aussi. Mais je fais mine que là c’est bon, j’ai pas envie de sourire du tout. Elle me fait parler un peu. Rapidement, elle me dit que je ne suis pas fou. C’est toujours bon de l’entendre. Elle cherche à connaître les événements récents de ma vie. Elle me fait dire que je le ressens comme un échec d’être là. Ce que je ressentais bien sûr. Elle me dit qu’il faut du courage pour demander de l’aide. Je lui dis que c’en est pas. Elle semble optimiste sur mes chances de guérisons. Elle dit les mots qu’il faut.
Je quitte l’hôpital, plus détendu. Je n’ai pas mangé depuis ce matin, j’ai froid. Je me sens fatigué par tous les efforts physiques que j’ai accumulé ces derniers jours. Je viens de rentrer. J’ai sommeil. Je pense que je vais dormir comme j’ai pleuré. Comme un bébé.
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