14 décembre 2009
J’ai mal à mes côtes
Oui je sais, ce titre est très inspiré. Mais c’est comme ça, j’ai mal aux côtes et ça fait bien 3 jours que ça dure. Ah non 4 en fait, vu que je me suis fait mal pendant l’entraînement de jujit quand je me prenais une branlée par mon entraîneur. L’hémorragie nasale ça passait, j’en redemandais même après, mais le coup de genou sur les côtes, c’était fatal… Rah fait chier si demain je suis pas en état. J’irais courir, ça me manque le sport.
Ah sinon je sens venir les bonnes résolutions de la nouvelle année. Je me suis remis à lire pas mal, je voulais le faire depuis un moment ; 3 bouquins à la fois (bon ok y en a un qui compte pas, c’est le bouquin du Code de la route) : Sous le même ciel de Pearl Buck et je finis La peur des autres – que j’ai commencé y a quelques mois, celui-là je vais m’en faire un livre de chevet. Quand je le lisais je me disais : mais c'est moi, moi, moi ! Bon à des moments non, ça ne me correspondait pas plus. Moi je suis davantage dans les mécanismes cognitifs propices à l'anxiété sociale aujourd’hui que dans un réel handicap quotidien.
Et ça me fait penser à une discussion que j’ai eu avec presso. Je crois que j’en ai jamais parlé clairement ici, c’est dire que je fais des abstractions énormes parfois. Ou alors j’en ai juste un peu parlé. Quand j’avais 17 ans et des brouettes, je suis devenu phobique social. Késaco ? vous allez peut-être me dire. Ben phobique social, c’est en gros que le social et toi, ça fait 4. Le plus petit geste du quotidien en rapport avec un environnement social, étranger essentiellement, devient une véritable épreuve. Moi c’était à mon entrée au lycée que ça m’est tombé dessus. J’ai dû me déscolariser bien sûr, j’avais pas vraiment le choix. Mais j’ai quand même repris un an après, sans trop avoir réglé quoi que ce soit, sans avoir pris de médocs ni rien, dans la filière Techno et j’en ai bavé avec ça longtemps après que ça ait commencé.
Pourtant avant, avant la phobie sociale, j’étais plutôt très expansif comme ado. Je me souviens de moi, écrivant des poèmes classés X aux filles, je me souviens que j’avais vraiment un fan club d’ailleurs, je me souviens aussi que j’étais quand même un peu timide dans le fond, je me souviens de déclarations à peine voilées que je faisais semblant de ne pas comprendre.
Mais la fumette, l’entrée dans un nouveau monde – le lycée – et la perte de repères qui s’ensuivit, un complexe d’infériorité prononcé vis-à-vis de mon grand-frère, et peut-être d’autres facteurs que j’oublie, m’ont plongé dans la mélasse.
Ce qu’est être un phobique social ? C’est très simple. C’est par exemple avoir le cœur qui bat la chamade quand tu dois prononcer ne serait-ce que trois mots à l'oral. C’est même trouver ça impossible le plus souvent, à tel point que tu regardes la porte de la salle de cours en te disant : « bon, c’est à quel moment que je dois courir ? ». Ca te suit bien au-delà d’une salle de cours d'ailleurs, avec les filles par exemple, quand tu dis à ta première que tu te sens vraiment pas capable de passer « tout un week-end » avec elle, parce que t’as peur de pas trouver quoi dire. C’est te sentir obligé de picoler pour pouvoir lui parler, même si elle n’est pas dupe, elle. Cette nana, je dirais jamais assez le bien qu’elle m’a fait. Moi j’ai toujours ce sentiment qu’elle est venue me chercher dans les profondeurs au milieu desquelles je me terrais.
Je dis ça mais c'est pas tout à fait exact en fait. Elle n'aurait pas pu me sauver à elle seule. Je voulais le faire moi aussi. Et malgré tout j'avais une nature plutôt optimiste qui me permettait de rêver d’un futur, du futur, qui m’apporterait une vie meilleure. Et croyez-le ou pas, l'espoir ça change un homme (ou un ado) ! J’ai eu la chance aussi d’avoir des parents plutôt compréhensifs, même si j’imagine que j’ai dû être un motif d’inquiétudes pour eux. A 17 ans, je vivais comme un vampire, je me couchais quand les premières lueurs du jour apparaissaient et je me levais quand les étoiles étaient fin prêtes pour me réveiller. De temps en temps j’allais au CIO voir ce que je pourrais faire de mon avenir. J'explorais les tonnes de bouquins qui évoquaient des métiers divers et variés et de temps en temps, une femme venait vérifier où j'en étais. Je lui répondais que je voulais un métier où « y avait du soleil ». J'ai pensé à manoeuvre, à un BTS Sécurité électronique pour faire cambrioleur, j'ai pensé à pouvoir écrire, j'ai pensé à plein de choses en fait, je pensais même à me barrer dans la savane avec un arc et un glaive parfois. Et puis un jour mes parents m’ont montré un article d'un journal local. Une association préparait un projet de solidarité avec le Burkina-Faso. Et j'y suis allé et j'ai adhéré. Ma peur des autres n'avait pas disparu hein ? J'avais toujours autant d'effrois à la pensée de devoir m’exprimer en public, en plus on me demandait d’aller convaincre des commerçants de nous donner de l'argent (on faisait ça en binôme quand même, moi j'étais le Caliméro...), mais je me suis investi et puis c’était un peu le seul bout de pain qui me restait à manger. Et puis je suis parti pour Ouagadougou. Quand je suis revenu, j’avais une idée fixe en tête, quelque chose qui allait occuper mes 3 prochaines années, comme toutes mes pensées : être admis dans un BTS agronomie tropicale dans un DOM.
C’était en août de la même année que ma mère m’a accompagné voir le directeur du lycée agricole de Carcassonne. Parce qu’évidemment, il faut toujours se présenter un peu quand on traîne un passé comme celui que j’avais (et puis mes bulletins scolaires de Seconde étaient vraiment désastreux). J’y suis allé et le directeur m'a laissé une chance. Une chance aussi, y avait beaucoup plus de mecs que de filles dans la classe où j'étais. Oui parce que j’étais beaucoup plus bloqué par les filles que par les garçons. Les filles c’est jolie et déjà que ça vous met parfois la pression sans être phobique social, alors en l'étant ça devient pire.
La première année de reprise des cours était très dures. J’étais en internat et j’allais même pas petit-déjeuner parce que j’avais peur de la foule du self. Pour passer mes oraux, je me mettais la tête avec de la Vodka. Et quand je le faisais pas, pris par surprise par une prof décidée à me faire aller de l’avant, je pense que je devais me faire plus petit que ce que je n’étais. Jamais tu m’aurais vu poser une question ou répondre à une autre, même si j’avais la bonne réponse ou la bonne question. Le seconde année n’était guère mieux, excepté que mon frère était aussi venu étudier à Carcassonne et qu’on avait pris un appart ensemble.
Et puis j’ai loupé mon BAC. De peu mais loupé quand même. Et je suis reparti pour un tour, dans une autre école, au milieu de la France. Cette année-là a été très particulière pour moi. Aussi difficile que d’habitude, sinon plus, parce qu’il y avait beaucoup plus de filles et même des profs très charmantes. Je restais sagement emmuré dans mon mutisme extérieur et mes peurs intérieures. Toujours au fond de la classe, le plus discret possible pour éviter de me faire remarquer. Mais me faire remarquer, justement, ça ne manqua pas cette année-là… Le point de commencement, ça a été cette dissert de philo. Après une critique élogieuse, la prof l’avait affiché en salle des profs. Et moi d’un côté j’étais fier, mais j’étais surtout complètement tétanisé de ne plus pouvoir me cacher comme je le voulais. Et sur le coup, j'ai pris la prof dans un coin et je lui ai dit assez séchement que non, c’était juste pas possible de faire ça sans m'en parler. Et subitement, à partir de ce moment, de cette dissert que presque personne n’a lu finalement je me dis, de ma réaction peut-être aussi, ben c'est un peu comme si le regard de tout le monde avait changé (et sûrement même le mien...). J’étais plus le timide très discret du fond de la classe, j'étais devenu celui qui avait des talents dissimulés, des choses à cacher, voire un mystère en lui-même. Je m'étais encore illustré littérairement parlant parce que j'avais écrit et conté (devant un graaaand public) un poème qui avait plu aux anciens mineurs venus l'écouter. Forcément la vie est devenue plus agréable après, quoi que j’en ai pensé sur le coup. Cette année-là d’ailleurs j’ai été un véritable Don Juan. C’était la première et unique fois où je suis sorti avec 3 femmes en même temps. Et comme je me sentais plus à l'aise, moins « bizarre », moins « trop timide », etc., j’ai commencé à me laisser aller un peu, à poser des questions, à sortir un peu plus, etc.
Et puis de pas en pas, en restant toujours aux derniers rangs des salles de cours toutefois, en évitant les regards des professeurs plus souvent que nécessaires et si possible en longeant mon ombre contre les murs, ben je suis arrivé là où je le voulais, à la Martinique, 5 ans après que ma phobie ne se soit manifestée. Je croyais que c'était l'aboutissement d'un rêve mais la vie ne faisait de toute façon que commencer…
00:59 Publié dans Ad astra | Commentaires (7)
09 juillet 2009
I got my engineering degree
Victorieux ! Eblouissant ! Olympique ! Subjuguant !? Peut-être que j’en fais trop là… Ou pas… Après tout, il m’en a fallu du temps et de l’investissement pour en arriver là. J’ai pas encore les notes pour tout dire, tout aussi bien je dis un truc et dans moins d’une semaine, le conseil de classe va me dire le contraire. Mais ou je décide de faire confiance à mon intuition ou je deviens une conne de machine. Et je la sens bien, mon intuition ! :) Et dire qu’en plus, je suis maintenant « opérationnel » après un second coup de bistouri ! :) J’ai envie de dévorer quelqu’une, de la bouffer toute crue, et ça risque de tomber sur Yana... (mais je crois qu’elle risque d’aimer ça, vous inquiétez pas trop pour elle).
J’avais tout bien préparé, comme il fallait. Rien n’était parfait bien sûr, et je m’attends pas aux félicitations du jury, mais c’était du bon travail. Je suis sorti de ma soutenance et je me suis dit : « ça y est, t’es ingénieur ! » Ca faisait que 5 ans que j’attendais ça après tout. Ca fait bizarre d’employer ce mot pour me qualifier : « ingénieur ». Moi qui ai été un cancre de première zone durant une bonne partie de ma scolarité. Je suis sorti de l'amphi, j’ai pris mon téléphone portable et j’ai appelé mon père en lui disant : « ça y est, je crois que tu peux m’appeler monsieur l’ingénieur ». Mais en fait, malgré le fait que je sois ingénieur depuis quelques heures, ça fait pas de moi quelqu’un de très différent du cancre que j’étais.
Sur le trajet retour, dans le train, j’étais simplement bien (par contre à l’aller je me suis bavé dessus en dormant, ça fait pas très ingénieur tout ça quand même…). Y avait des mioches à côté de moi et parole, c’est un plaisir d’avoir des mioches à côté de soi dans un train. Ils sortent plein de conneries, des monstruosités. A un moment, la petite fille dit à sa mère :
« Maman, la madame elle est pas bien là »
La maman, un peu gênée : (…)
La petite fille : si, si, regarde (en pointant bien la femme du doigt). »
Effectivement, elle s’était pas trompée la gamine, la m’dame rouspétait à propos d’une question de places qui étaient pas à la bonne place.
Après, on a été bloqué à Nîmes coz’ d’un incendie sur la voie.
Mioche 1 : « Maman, pourquoi on s’arrête ?
Mioche 2 : Ben pour faire rentrer l’air dans le train ! »
Et elles sautaient partout et faisaient des bonds. On aurait dit qu'elles étaient montées sur des ressorts. L’une d’entre elles m’a rappelé Brinda, une des enfants que j’ai eu dans ma classe pendant mon premier voyage en Inde. Forcément, ça me mettait le smyle.
Et puis j’ai envoyé des textos à droite à gauche tellement j’étais content de l’avoir ce diplôme. Et puis je suis arrivé chez moi. Personne m’a fait la fête. Putain que des ingrats. Je vais me barrer d’ici, ça leur fera les pieds. En fait, si on me le demande là tout de suite, j’ai envie de prendre un appart’ avec une femme (une vraie avec des seins et tout) (mais j’y penserai plus demain, la raison reprendra le dessus…).
EDIT : j'ai oublié de dire que sur le quai de la gare, en partant de Paris, j'ai eu droit à une scène carrément XXX. J'ai vaguement hésité à les regarder et puis finalement, je me suis dit que ça serait bête de passer à côté de la beauté. Deux jeunes amoureux étaient en train de s'embrasser, je regardais surtout le visage ensoleillé de la nana, elle était belle. A chaque baiser, elle fermait les yeux comme si c'eût été son tout premier et chaque baiser semblait la transporter quelque part, dans un endroit que la plupart des gens pouvaient deviner. J'aime les quais de gare, on en voit parfois des scènes comme celle-là, mais rarement d'aussi belle. Une fois je me souviens, c'était mon tour et c’était moi qui ne voyais plus que la fille qui s'accrochait à mes lèvres.
23:26 Publié dans Ad astra | Commentaires (3)
29 février 2008
Chapitre VIII - Ma vie sans moi
Parfois je me dis que les mauvaises circonstances du moment pourraient me faire foirer mon année (mais je précise quand même qu’il ne me reste que trois semaines de cours, eh oui!...). Passer à côté d’un diplôme d’ingé après tant d’énergie dépensée et tant de temps passé, ça pourrait paraître dur à pas mal de gens. Enfin je crois que quand on est normalement constitué, ça se passe comme ça. Bizarrement, si ça m’arrivait, ben je crois que je m’en remettrais relativement facilement, en fait. Non pas que je n’y tiens pas, j’y tiens depuis trop longtemps au contraire. J’en ai rêvé, je l’ai fait. Non ce n’est pas que je ne tiens plus à ce diplôme, mais s’il y a une chose que j’ai du mal à craindre, c’est l’avenir. Non seulement l’avenir ne me fait pas peur, mais je crois bien que j’ai une furieuse tendance à y vivre. Il pourrait même sembler que l’essentiel de mon esprit est quelquefois étrangement absent de l’ici et du maintenant. Quand on ne trouve pas sa place dans le présent, on a tendance à la chercher ailleurs, c’est pas ça?
En Terminale, je bronzais sur les plages de Martinique, sans encore y avoir jamais posé un pied. A Toulouse, je vivais à Cergy, avant même que d’y être allé. A Narbonne, j’étais à Rabat et à Rabat, je priais le ciel pour retrouver mon chez moi. Quand je faisais l’amour à Sophie ou que je rodais dans les environs de Lucie, je n’étais jamais très loin de me glisser dans les draps de Didi. Quand je suis retourné avec Didi, elle a eu beau me chercher, je n’étais plus là, j’étais parti. Flash-back des années passées, continuel retour vers le futur. Pendant quelques brefs instants de lucidité cependant, on pouvait me trouver exactement à l’endroit où j’étais. J’étais là pour de vrai. Dois-je vraiment dire que c’était des instants magiques ? On prête l’oreille à ceux qui se tournent vers le passé. On attribue de la volonté et de l’ambition à ceux qui se donnent à l’avenir. Mais le plus grand mérite ne revient-il pas à ceux qui savent s’enraciner dans le présent et sans promesses ?
(Moi je trouve que si, alors ça va je vais changer)
14:15 Publié dans Ad astra | Commentaires (8)
19 avril 2007
Chapitre VII - On est con!
On est con! Vraiment, mais vraiment con. Mais tous! On a des putains de défauts! Tellement que dès fois je me demande si je pourrais un jour arriver à vivre avec quelqu'un. Non pasque c'est clair, en plus d'avoir des défauts, cette conne aura bien évidemment pas les miens! Pour peu que mes gosses ne m’imitent pas et que j'ai quatre ou cinq bambins, vous imaginez la cata? Sympa ma petite future famille de m'imposer ça!!! Merci d'avance!!!
Non c'est clair, on est vraiment con je pense. Je m'engueule avec mon p’tit frère, ma mère me saoule, mon grand frérot fait son autiste sur Guild War dès qu'il rentre de Bordeaux, mes potes sont jamais là quand il faut, à croire que je suis seul bordel!!!!
Mais le pire c'est que non! C’est que j'ai beau pensé par moment et parfois longtemps que je peux m'en battre la race de ces gens qui m'entourent, que je pourrais très bien m'en passer, que toute façon c'est des gros lourdauds, mais, finalement, c'est toujours vers eux que je reviens... Genre j’suis pas arrivé à les remplacer alors j'y retourne...Ouaih ouaih, ou genre on n’efface pas tous ces bons moments ensemble, ou genre on n'efface pas le besoin de chacun d'être aimé, entouré, cocooné. Ou genre ces gens, on les aime plus que tous leurs défauts.
21:55 Publié dans Ad astra | Commentaires (0)
11 avril 2007
Chapitre VI - La Foi
La réponse venue dans l’enceinte de l’Opéra Garnier, elle venue de ces voix magiques qui pénétraient les profondeurs et éclaircissaient les plus incohérentes des pensées. J’étais là ou plutôt ailleurs, porté par cette étrange mélodie, sur cet étrange destrier, dans un palais où tout n’était que beauté, empli d’une certitude de plus en plus puissante. Si je cherchais une réponse dans cet opéra, il n’y en avait qu’une que je pouvais trouver et finalement qu’une que j’étais venu chercher.
On dit que lorsque on n’est pas prêt à tout, on n'est prêt à rien...
La réponse s’imposa donc comme un oui...
C’était un oui inévitable quand j’y repense. Je n’avais jamais su me dire non.
Malgré tout c’était aussi un non.
Assurément si c’était avant tout un oui, un oui en soi, je me souviens toutefois que l’histoire commença par un non…
C’était un non donc, un non libérateur !
Un non, je ne crains plus de rater ma vie, j’ai confiance et l’avenir me le rendra.
Un non, je n’ai pas besoin de ce diplôme d’ingénieur.
Un non, je n’ai pas besoin de voyager pour trouver du bonheur.
Un non, l’éclat de l’argent ne me fait plus me pâmer.
Un non, je ne veux plus dominer quoi que ce soit à part les femmes qui s’abandonneront dans mon lit.
Un non, je n’ai pas peur.
Un non, je n’ai plus peur d’être médiocre parce que je ne le suis qu’à peine un peu, juste ce qu’il faut pour être un homme.
Un non, je n’ai besoin de rien d’autres que de croire en moi pour sauter les pierres une à une.
Alors oui !
Oui, je vais tenter de sauter dans le vide et puis Icare sait.
Oui, je crois en moi.
Oui, j’ai foi en toi.
Oui, je vaincrais les épreuves une à une sans que la peur ne paralyse mes pensées,
Oui, parce que l’avenir me parait si clair, si inconnu mais si étrangement limpide.
Oui, je ne me crains pas.
Oui, je n’ai presque plus rien à me prouver.
Oui, à Rome, à ma Rome, que je prendrais.
Oui, au bout du chemin, paisible et comblé.
Oui !...

21:54 Publié dans Ad astra | Commentaires (0)
Chapitre V - L'appel

Monde sans grâce, tu veux planter en moi ton empreinte sans traces,
Monde sans grâce, je vis à l’intérieur et au dehors de toi,
Je sens et laisse glisser tes vents sur mon visage,
Et à tous leurs passages, je crie, je rie, j’exulte et je me meurs,
Dans ce grand chaos, la lumière m’apparaît comme ta poésie,
Où est-elle celle dont je te sens vibrer ?
Je la vénère, si tu savais, elle est la vie que tu créés,
Et je sanglote quand vient sa flétrissure, elle est la vie que tu fais couler,
Mais au sommet des terres enneigées,
Là où la moindre lanterne a valeur de survie,
La flamme ne peut s’éteindre sans y laisser la vie.
A l’heure du jugement dernier, tu voudras me juger,
Je sens déjà sur moi ton regard si trancheur,
Et pour cette heure là, dis moi qu’ais-je à sauver sinon ma poésie ?
Faut-il que je vive en moi pour trouver son essence?
La solitude est-elle le sacrifice que je dois te donner ?
Mais aussi loin que je perce ton abîme,
Tu es beauté suprême et ce monde est si laid,
Enchanteresse, tes parfums m’envoûtent et envahissent le plus profond de mon esprit,
Tu m’appelles fascinante, murmurant: plonge en moi comme je plonge en toi, lâche toi dans mon vide et fond dans ma matière où la lumière vit,
O douceur que ma candeur caresse,
C’est à toi ma reine que mes vertiges me laissent,
Et le sang le plus pur que je coule m’implore de venir alléguer toute ma servitude,
A toi ma reine, mon empire et ma foi.
21:54 Publié dans Ad astra | Commentaires (0)
Chap IV- La rencontre du Rônin

Rônin : un samouraï sans maître dans le Japon médiéval.
Le shogun a rejoint le pays de la nuit…
Calme et abandonné, tu scrutes l'horizon comme tu ne l’as jamais fait et à travers tes yeux assombris par une étrange alchimie, tu perçois l’onde de l’avenir qui s’échoue sur les rivages infinis du lointain. Comme l’enseignent humblement les anciens, au soleil levant la voûte céleste s'éclaire et rafraîchit humide comme la rosée et au moment où le crépuscule dépose son voile, le ciel s'obscurcit sombre et épais.
La nuit est tombée pour tous les samouraïs et chacun doit maintenant pour lui-même décider.
Sans penser, tu commences à marcher, tu marches et marches encore vers les temps inconnus, tout comme chaque pas te ramène au passé.
Pour toi, plein de principes étroits, le bushido ancestral t’interdit formellement d’arrêter le combat. Mieux vaut le supuku que d’être déshonoré. Après tout un dicton populaire ne dit-il pas que le Shinsen Gumi viendra que l’homme rampe ou qu’il soit droit ?
Seule ta détermination peut te guider, c’est ce que ton maître t’a enseigné, et ni les geishas dans les bras desquelles tu t’abandonnes parfois, ni les frères d’armes et les mendiants avec qui tu écoules joyeusement ton saké, ne peuvent rien changer à cela.
Tu n’as qu’un seul choix, te battre comme le samouraï qu’on a voulu que tu sois. Dans le désert que tu prendras, seul toi contre toi…
Quand bien même tu le voudrais, aujourd’hui tu serais bien incapable d’être autre chose qu’un guerrier. Pourtant toi aussi, comme les enfants déguenillés et rieurs que tu croises là où tu ne fais que passer, toi aussi tu te prends à rêver.
Mais les empires du passé sont perdus à jamais l’étranger. Alors tu cherches ton royaume, caché quelque part par-delà les frontières que tu foules chaque jour de tes pieds.
La survie inspire la peur mais aussi chaque pas vaillant inspire un haiku tout comme chaque haiku inspire le chemin et la vie.
N’est-ce pas un maître qui disait que le Rônin a sa propre quête à trouver ?
A la fin de l’ère Edo, les samouraïs ont disparus pour la plupart. Mais les rônins étaient encore nombreux. Des rônins comme toi l’étranger.
Les sages savent que la paix peut se trouver dans la paix.
Mais le guerrier sait aussi que la guerre est une question de survie pour celui qui la fait.
Et parce que le feu et le sang ne peuvent rien pardonner, je te dis, dans la bataille, vide ton esprit et adonne toi à la seule et unique loi, celle de l’acier mais n’oublie jamais que la paix se trouve aussi dans la paix.
21:54 Publié dans Ad astra | Commentaires (0)
Chapitre III - L'âme du guerrier
Depuis longtemps déjà, j'avais choisi ma destinée,
Depuis longtemps déjà, les arbres avaient caché la forêt,
Aujourd’hui pour la première fois mon rêve flanche, mon rêve vacille,
Il titube et semble s’effondrer comme un homme trop imbibé,
Comme avec les vapeurs que j’ingurgite pour oublier,
Et en même temps que mon rêve, c’est un voile qui semble tomber.
Il y avait du soleil et des verts pré, des arcs-en-ciel et des lacs bleutés,
Là où je suis, tout cela ne semble plus exister.
Mon rêve flanche, mon rêve vacille,
Ma lumière s’éteint et dans ce brouillard qui se lève,
Parviendrais-je encore à retrouver mon chemin?
Que ressent le guerrier qui doit déposer les armes malgré sa volonté ?
Préfère t’il mourir plutôt que d’exister ?
Qui que je devienne,
Ne me le reprochez pas, vous que je connais,
J’ai tout donné, je n’ai pas compté,
J’en ai tué des centaines, des milliers, j’en ai brisé des murs épais,
Mais la justice ne semble pas vouloir triompher…
Ne me le reprochez pas, vous qui m’aimez,
Mourir est digne d’un guerrier.
Mon rêve flanche, mon rêve vacille,
La lame brûlante s’est enfoncée profondément,
La douleur a cédé place à l’endolorissement,
Elle a touché le point sensible on dirait,
Le sang coule sur mon corps sans que rien ne puisse l’arrêter,
Ma vision se trouble, mon esprit s’obscurcit, je chancelle à mon tour,
Les bruits, que j’entendais hier encore si gais, les murmures de mes amours, les rires de mes amis, je ne les entend plus, seuls me parviennent les sanglots désormais,
La voûte céleste a volé mon soleil et dans la grande nuit, je me retrouve seul et désemparé.
Je suis là mais absent, je me demande encore quelle sera l’issu de cette bataille,
Y aura-t-il seulement des prisonniers ?
La guerre gronde, les tambours résonnent dans ma tête prête à exploser,
Partout autour de moi les guerriers tombent dans les bras de Morphée,
Sur ce champ de bataille, il ne reste que quelques combattants, le glaive levé au ciel criant leur fureur et leur rage, mais leur colère ne s’abat pas comme le châtiment divin qu’ils espéraient,
Et l’armée dse ténèbres qui avance implacablement, rien ne semble plus pouvoir l’arrêter.
Je suis là mais je suis absent, une nouvelle fois seul en face du néant...
...
Oui! Echafauder un ultime assaut, un dernier plan, le dernier espoir avant de se damner,
La guerre n’est pas finit tant qu’il reste l’âme d’un guerrier.
Une lueur de rage éclaire à nouveau ses yeux, il se relève et se rue au combat,
Brandit son arme pour exploser une dernière fois…
21:53 Publié dans Ad astra | Commentaires (0)
Chapitre II - La voie du salut
Ma plus grande peur dans la vie, c'est de sécher... Sécher de l'intérieur et perdre le coeur qui me fait battre, d’oublier celui que j'ai été. Alors je me bat pour réaliser mes rêves de grandeur et pour l'instant j'y arrive!
Un jour, j'espère que je parviendrais à être celui que je rêvais dans mes rêves de gamin. Pas un héros, pas une icône empruntée à la télévision, mais juste un gars humaniste intègre avec lui-même. C'est tellement dur de garder la foi en ses rêves, tellement facile de succomber devant les forces sans nom de ce monde.
J'y crois! J'y crois fiévreusement! Un peu trop peut être... Mais c'est mon rêve à moi et coûte que coûte, j'y arriverais. J'y arriverais ou j'y laisserai ma vie car que me servirait ma vie si mon coeur n'est que ruine, que me servirait de vivre si je ne suis plus que leurre déshumanisé.
J'y arriverai parce que cet horizon m'appelle et me dit: vieeenns, vieeennns et de là seulement, seulement de là, tu pourras contempler le monde...
Mon rêve il est comme ça et si parfois il exige des sacrifices, s'il est douleur en même temps que douceur extrême, toujours est-il que c'est la force que je sens en moi, le soleil qui me brûle et il me brûle tellement mon soleil...

Ce rêve fiévreux...
Toi...


21:53 Publié dans Ad astra | Commentaires (1)
Chapitre I - Le commencement et la fin
21:50 Publié dans Ad astra | Commentaires (0)

























































